Du 23 avril 2020 au 25 janvier 2021


Dans n’importe quelle pandémie virale, l’efficacité des mesures est largement tributaire du virus lui-même : sa virulence, son infectivité et ses tendances de propagation, la saisonnalité, les ratios de cas symptomatiques et asymptomatiques, les réponses immunitaires induites et les mutations au fil du temps.

Différentes mesures de santé publiques ont été mises en œuvre pour prévenir les vagues épidémiques et y faire face jusqu’à ce que l’on parvienne à une éradication ou à un niveau très élevé d’immunité collective.

La présente chronologie résume le programme en constante évolution du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC).


  • Au fur et à mesure que la première vague diminuait, le GTIC a travaillé avec plusieurs partenaires, dont la Société canadienne du sang (SCS) et Héma-Québec, afin de dépister des infections à la COVID-19 non détectées auparavant en mesurant les anticorps contre le nouveau coronavirus (SRAS-CoV-2) dans des échantillons de sang. Ces tests de « séroprévalence » ont révélé qu’un nombre peu élevé de Canadiens possèdent une immunité acquise suite à une infection. Cette faible immunité collective a été soulignée par des responsables de la santé publique à l’échelle nationale et provinciale, qui ont répété à maintes reprises que cela signifiait une vulnérabilité pancanadienne importante face à une deuxième vague de COVID-19.
  • Alors que s’élevait la deuxième vague, le GTIC a établi de nouveaux partenariats afin de mieux comprendre la prévalence de la COVID-19 et les réponses immunitaires au virus. Le GTIC a ajusté sa stratégie en fonction de conclusions antérieures. Il a financé des « enquêtes sérologiques » continues (des analyses portant sur un grand nombre d’échantillons à la recherche d’anticorps au SRAS-COV-2) et ajouté une série d’études sur la séroprévalence selon les groupes d’âge, en ciblant les professions à risque et les « zones chaudes », comme les centres de soins de longue durée et les quartiers racisés. Des technologies de dépistage ont également été mises au point et validées afin de pouvoir analyser à la fois l’immunité acquise suite à une infection et l’immunité induite par un vaccin à partir de différentes sources, y compris des trousses d’autotest par piqûre au bout du doigt.
  • En novembre, alors que la deuxième vague se poursuivait et que les vaccins arrivaient, on a demandé aux responsables de toutes les études pertinentes financées par le GTIC d’élaborer des plans de cueillette de données afin de faciliter la distribution sécuritaire et efficace des vaccins. Depuis lors, sous l’égide de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), le GTIC s’est joint à une coalition dirigée par des experts en vaccinologie de partout au Canada. Les travaux menés par ce nouveau Groupe de référence sur la surveillance des vaccins (GRSV) permettront de faire un suivi à l’échelle nationale de la voie à suivre vers une immunité collective par l’entremise de l’immunité acquise par une infection et l’immunité induite par un vaccin.

La première vague et ses répercussions

Le 23 janvier 2020, le patient zéro atteint d’une pneumonie due à la COVID-19 a été admis au Sunnybrook Health Sciences Centre à Toronto. Les nombres de cas quotidiens sont demeurés bas au début, mais le 11 mars, il y a eu une reconnaissance nationale officielle de la menace. Des mesures de confinement et d’autres mesures de contrôle ont été mises en place, mais la croissance des cas s’est accélérée. La première vague de la COVID-19 au Canada a atteint un sommet au début de mai. Elle a ensuite diminué régulièrement jusqu’au début de l’été grâce à des facteurs saisonniers et à un éventail d’interventions en matière de santé publique, notamment des tactiques d’atténuation qui sont allées jusqu’à un confinement complet dans plusieurs provinces.

  • Le GTIC a été lancé près du sommet de la première vague. Environ 50 jours plus tard, des groupes affiliés soutenus par le GTIC ont mis sur pied SeroTracker, le premier et le seul site de surveillance au niveau mondial pour des études de séroprévalence.
  • Afin d’obtenir un premier portrait de l’immunité collective, le GTIC a financé des analyses d’échantillons de sang disponibles effectuées par la Société canadienne du sang et Héma-Québec. L’utilisation de ces « échantillons de commodité » a permis de saisir la fin de la première vague de mai à juin. Des résultats préliminaires publiés en juillet et en août ont révélé une prévalence très faible – la plus élevée étant de 2,2 % au Québec, qui a été la province la plus touchée durant la première vague, et la moyenne étant de seulement 0,7 % pour les neuf autres provinces.
  • Les résultats ont été largement diffusés et rapportés à l’échelle nationale par les médias. Les conséquences étaient évidentes. En dépit de certains échecs flagrants à protéger les personnes âgées et d’autres personnes dans des centres de soins de longue durée ou des résidences avec services, des Canadiens partout au pays ont aidé à contenir la propagation à l’échelle de la communauté. Cependant, la faible immunité collective signifiait également peu de résistance face à de nouvelles vagues de la COVID-19 au cours des mois à venir.  
  • Les deux banques de sang ont continué à accumuler des échantillons. D’autres résultats obtenus à la fin d’août et en septembre sont venus confirmer, comme prévu, que la séroprévalence avait peu changé, car les nombres de cas quotidiens demeuraient bas partout au Canada.  
  • Ces chiffres correspondaient aux résultats provenant d’évaluations de la séroprévalence effectuées par des laboratoires de santé publique provinciaux en Alberta, en Colombie-Britannique et en Ontario sur des échantillons de sang recueillis pour la surveillance des maladies. (Le GTIC a fourni des tests pour ces évaluations en Alberta et en Ontario dans le cadre d’une offre permanente de soutien aux 13 provinces et territoires ayant besoin de financement ou de soutien technique.) Même après avoir permis la sous-estimation propre à ces bases d’échantillonnage, les Canadiens demeuraient extrêmement vulnérables à une deuxième vague au retour du temps plus froid.
  • Les conséquences de ces résultats ont été fortement soulignées par les responsables fédéraux et provinciaux de la santé publique.

Deuxième vague – Toujours en cours

À la mi-août, les nombres de cas de COVID-19 confirmés au Canada au moyen d’un prélèvement ont commencé à grimper. À la mi-octobre, les moyennes sur sept jours de nouveaux cas ont dépassé les sommets observés lors de la première vague et ont continué d’augmenter tout au long des mois de novembre et de décembre. Des régions ayant connu une propagation limitée – les Territoires du Nord-Ouest et les provinces de l’Atlantique, avec leur remarquable « bulle » de plusieurs provinces, – ont été frappées par des éclosions, tout comme de nombreuses communautés autochtones éloignées. Toutes les autres provinces ont observé une propagation communautaire importante. Les moyennes nationales sur sept jours de nouveaux cas ont atteint un sommet environ cinq fois plus élevé que lors de la première vague. Ces moyennes semblent redescendre à présent en janvier 2021 grâce aux confinements généralisés.   

  • Tant le profil démographique des cas que les taux de séroprévalence extrêmement bas à la suite de la première vague ont suscité des discussions au sein du GTIC au sujet du calendrier, du ciblage et de la portée d’autres études pour faire le suivi de l’immunité collective, ainsi que sur le manque de détails à propos des sujets des études lorsque le sang provenait d’« échantillons de commodité ». Des études ciblées ont été financées, par exemple en ajoutant des évaluations de prévalence à des études de cohortes établies menées au Canada et ayant accumulé des renseignements pertinents depuis de nombreuses années auprès de personnes âgées consentantes habitant dans la communauté (p. ex. ÉLCV) et de jeunes gens (p. ex. CanPath).
  • Un partenariat établi avec les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) a permis au GTIC de profiter d’un concours de subventions de recherche existant et de financer ou de cofinancer plusieurs études de haut niveau. Vingt-deux projets ont vu le jour dans le cadre de cette collaboration, y compris des études de séroprévalence axées encore une fois sur des populations ciblées (p. ex. des enfants et des travailleurs de la santé), des études immunologiques et des études en sciences du dépistage.
  • Le GTIC a également créé des réseaux permettant de financer et de relier plusieurs de ces études, en misant sur le partage des idées, de la méthodologie et des données pour en améliorer l’efficacité et l’efficience.
  • Les enquêtes sérologiques à grande échelle qui ont été financées l’ont été selon une approche progressive où l’évaluation des résultats préliminaires guidait les décisions visant à optimiser la valeur de tout investissement supplémentaire.
  • En même temps, ne disposant pas de tests d’anticorps à domicile approuvés par le gouvernement du Canada, le GTIC a intensifié son travail avec le Laboratoire national de microbiologie afin d’obtenir une validation complète du test de gouttes de sang séché pour détecter des anticorps au SARS-CoV-2, qui pourrait être utilisé sur des échantillons obtenus à domicile. L’envoi de trousses de ce test à domicile permettrait à un plus grand nombre de Canadiens de participer aux études sur l’immunité.
  • La validation du test de gouttes de sang séché a été complétée en septembre. Cela a permis à de vastes études d’aller de l’avant avec des tests à domicile. Parmi celles-ci se trouve l’étude nationale de Statistique Canada, en cours sur le terrain, qui couvrira tous les groupes d’âge et les emplacements afin de refléter la séroprévalence à la COVID-19 d’un bout à l’autre du pays. À l’instar de certaines de nos études, le projet de Statistique Canada comprend des questions sur les vaccins et fait appel à une technologie de tests qui peut distinguer l’immunité acquise suite à une infection de l’immunité induite par un vaccin. Il devrait fournir des renseignements précieux durant la distribution des vaccins au cours des prochains mois.
  • Durant la deuxième vague, tout comme durant la première, le virus continue de s’acharner surtout sur les personnes âgées et d’autres personnes dans des centres de soins de longue durée ou des résidences avec services. Il n’a également pas épargné les quartiers aux populations racisées, et des grappes ont été observées dans plusieurs lieux de travail où des gens sont rassemblés. Après avoir reconnu cette répartition inégale des risques, le GTIC a réuni des propositions de « zones chaudes » provenant de partout au pays et appuyé des études ciblées afin d’évaluer la séroprévalence et la manière dont l’immunité se présente au sein de ces populations vulnérables. Par exemple, plus de 30 000 résidents de centre de soins de longue durée de Vancouver à Halifax font maintenant partie d’un réseau d’études sur les soins de longue durée.  

La deuxième vague se poursuit – L’arrivée des vaccins et des variants

En décembre 2020, alors que la deuxième prenait rapidement de l’ampleur, les premiers vaccins contre le SRAS-CoV-2 sont arrivés au Canada, de même que des nouvelles au sujet de nouveaux « variants préoccupants » à l’étranger. Le Canada vise à immuniser trois millions de personnes d’ici la fin de mars 2021. La plupart des travailleurs de la santé de première ligne, des personnes âgées et autres personnes vivant en centre de soins de longue durée ou en résidence avec services ainsi qu’une partie des personnes âgées à domicile devraient être vaccinés durant le premier trimestre de 2021. L’objectif pour le deuxième trimestre : immuniser au moins 20 millions de Canadiens de plus, dans ce qui ressemble désormais à une course contre une éventuelle troisième vague alimentée par des variants viraux plus contagieux.

  • En novembre 2020, avec l’arrivée imminente des vaccins, le GTIC a adopté officiellement une stratégie de Phase 2. Cette stratégie s’appuie sur l’éventail de 55 études du GTIC et cerne les efforts supplémentaires à fournir afin d’assurer une distribution sécuritaire et efficace des vaccins. Le plan de travail comprend l’augmentation de la capacité de tests fabriqués au Canada, capables de distinguer une immunité induite par un vaccin d’une immunité acquise suite à une infection.  
  • Les résultats de novembre de l’enquête menée par la Société canadienne du sang montrent l’émergence d’importantes zones chaudes régionales, particulièrement au Manitoba et en Saskatchewan, où les moyennes provinciales de séroprévalence atteignent maintenant 8,56 % et 4,2 % respectivement. Des disparités selon l’origine ethnique sont évidentes, mais la séroprévalence globale au Canada demeure faible à 1,51 %, ce qui souligne le besoin urgent de vaccins.
  • En décembre, sous l’égide du président de l’ASPC, le GTIC a participé à des discussions au sujet de la distribution de vaccins avec le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI), le Réseau canadien de recherche sur l’immunisation (RCRI), le Groupe de travail sur les vaccins, la conseillère scientifique en chef et les IRSC.
  • Le secrétariat et le budget du GTIC seront maintenant mobilisés pour soutenir un nouveau Groupe de référence sur la surveillance des vaccins, codirigé par la présidente du CCNI et le chercheur principal du RCRI (tous deux membres du GTIC). Le nouveau groupe collaborera étroitement avec un large éventail de partenaires, y compris les provinces et les territoires, afin de surveiller la sécurité et l’efficacité de la distribution des vaccins contre le SRAS-CoV-2 dans l’ensemble du pays au cours des mois à venir.

Au sujet du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 : À la fin avril 2020, le gouvernement du Canada a créé le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 et lui a confié un mandat de deux ans. L’équipe de direction du Groupe de travail, qui travaille virtuellement, est composée d’un ensemble représentatif d’experts bénévoles provenant de partout au pays. Les membres de l’équipe cherchent à comprendre la nature de l’immunité découlant du nouveau coronavirus responsable de la COVID-19 et la prévalence de cette infection au sein de la population générale, de certaines communautés et des populations prioritaires. Par conséquent, le Groupe de travail et son secrétariat collaborent étroitement avec un ensemble de partenaires, dont des gouvernements, des organismes de santé publique, des institutions, des organisations de santé, des équipes de recherche, d’autres groupes de travail, des communautés et des intervenants. Récemment, le Groupe de travail s’est vu confier un rôle de premier plan pour assurer la surveillance des vaccins en ce qui a trait à leur sécurité et à leur efficacité. Notre objectif premier consiste à produire des données et à susciter des idées pouvant orienter des interventions visant à ralentir et finalement à mettre un terme à la propagation du SRAS-CoV-2 au Canada. Pour en savoir plus, consultez le site : https://www.covid19immunitytaskforce.ca/fr/