Par Mariana Bego 

Il a été postulé que la vaccination par deux produits vaccinaux, l’un pour la première dose et l’autre pour la seconde, peut accroître l’intensité et l’étendue de la réponse immunitaire tout en simplifiant la logistique liée à la disponibilité et à la distribution des vaccins. La semaine dernière, The Lancet a publié le rapport initial de l’étude COVID-19 Heterologous Prime-boost (dose de rappel hétérologue contre la COVID-19) du Royaume-Uni sur les réactions indésirables observées après l’utilisation de ce mode de vaccination. Même si les réactions indésirables étaient plus fréquentes, elles étaient légères et de courte durée.

 

Faits saillants

  • La fièvre, les frissons, les céphalées et les douleurs musculaires étaient plus fréquents après la combinaison de produits vaccinaux différents.
  • La plupart des réactions indésirables étaient légères et se manifestaient 48 heures après la vaccination.

 

Les vaccins contre la COVID-19 qui proviennent de diverses plateformes n’ont pas la même efficacité, la même durée de protection, ni les mêmes effets secondaires. Tous les vaccins actuellement utilisés au Canada sont administrés selon un calendrier à deux doses, soit la « dose primaire », suivie d’une « dose de rappel » du même vaccin quelques semaines plus tard. Il a été postulé qu’une vaccination primaire suivie d’une dose de rappel par un vaccin non apparié peut accroître l’intensité et l’étendue des réponses immunitaires. Ces stratégies de combinaisons vaccinales pourraient également comporter certains avantages pratiques, car elles simplifieraient considérablement la logistique de distribution.

Des chercheurs de l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni, ont lancé une étude au début de février afin d’évaluer les avantages possibles d’une combinaison de vaccins contre la COVID-19. L’étude britannique COVID-19 Heterologous Prime-boost (dose de rappel hétérologue contre la COVID-19) collige des données pour établir l’étendue de la réponse immunitaire après l’administration de deux produits vaccinaux différents au lieu du même deux fois. Les chercheurs évaluent les effets de la combinaison des vaccins d’Oxford-AstraZeneca et de Pfizer-BioNTech en première ou deuxième dose. Une deuxième étude inclut les produits vaccinaux de Moderna et de Novavax (qui n’est pas encore approuvé au Canada) en doses de rappel. Un compte rendu provisoire des réactions indésirables anticipées et des données d’innocuité a été publié la semaine dernière, et les premiers résultats immunologiques sont prévus d’ici juin 2021.

Les réactions indésirables consignées du vaccin d’Oxford-AstraZeneca ou de Pfizer-BioNTech ont été autodéclarées comme localisées (telles que la douleur au point d’injection) ou rattachées à des symptômes systémiques (tels que la fièvre ou la fatigue) dans les sept jours suivant la première ou la seconde dose. Les participants se sont fait administrer les vaccins dans un intervalle de 28 jours. La plupart des effets indésirables étaient légers et se manifestaient dans les 48 heures suivant l’immunisation. Aucune hospitalisation n’a suivi la vaccination. Les personnes qui s’étaient fait administrer un vaccin différent en deuxième dose n’ont pas déclaré plus d’effets indésirables après cette dose de rappel que celles qui avaient reçu une dose de rappel du même vaccin. Par exemple, 34 % des participants qui avaient reçu le vaccin d’Oxford-AstraZeneca suivi du vaccin de Pfizer-BioNTech, et 47 % de ceux qui avaient reçu le vaccin de Pfizer-BioNTech suivi du vaccin d’Oxford-AstraZeneca ont déclaré avoir fait de la fièvre. Ce pourcentage était comparé à 10 % des participants qui avaient reçu les deux doses du vaccin d’Oxford-AstraZeneca et à 21 % de ceux qui avaient plutôt reçu deux doses du vaccin de Pfizer-BioNTech. Des tendances semblables ont été observées à l’égard des frissons, de la fatigue, des céphalées, des douleurs articulaires, des malaises et des douleurs musculaires.

 

Shaw RH, Stuart A, Greenland M, Liu X, Nguyen Van-Tam JS, Snape MD et le groupe d’étude Com-COV. Heterologous prime-boost COVID-19 vaccination: initial reactogenicity data. The Lancet. 2021. doi: 10.1016/S0140-6736(21)01115-6.