Séroprévalence au Canada

Afin d’adapter les stratégies de santé publique au contexte pandémique actuel, il est important de comprendre la prévalence de la COVID-19 au Canada. Depuis l’hiver 2021-2022 avec le début de la vague Omicron, les tests PCR pour le diagnostic du SRAS-CoV-2 n’ont pas réussi à suivre la croissance rapide de l’infection dans la population. Le GTIC s’est donc appuyé sur des études de sérosurveillance (mesure des anticorps dus à l’infection et à la vaccination dans le sang d’une personne) pour fournir des estimations mises à jour de l’ampleur et des tendances de l’infection par le SRAS-CoV-2 au Canada.

Les estimations de séroprévalence présentées ci-dessous sont fondées sur les données de plus de 20 études qui peuvent être regroupées en trois catégories : 1) donneurs de sang de la Société canadienne du sang et d’Héma-Québec; 2) échantillons de sang anonymes rejetés ou résiduels de laboratoires provinciaux; et 3) participants aux cohortes de recherche financées par le GTIC. Ces trois sources fournissent des informations importantes, mais chacune d’entre elles comporte des forces et des limites différentes.

Les projets qui ont fourni de l’information pour ce rapport incluent : Société canadienne du sang, Action pour battre le coronavirus, Alberta Precision Laboratories, BCCDC (financé par le BCCDC), Canadian Antenatal Serosurvey, Partenariat canadien pour la santé de demain, ECSAC-1 de Statistique Canada, Héma-Québec, Manitoba Seroprevalence, Santé publique Ontario (financé par SPO), Saskatchewan Seroprevalence, CHILD, Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement.

Les données présentées ici sont hétérogènes, avec différentes unités de mesure utilisées par différents tests. En rapportant la proportion d’échantillons positifs (séropositivité), nous évitons le besoin de normaliser les différentes unités de mesure. Cependant, il faut noter que les différents tests ont des caractéristiques inhérentes différentes (sensibilité, spécificité, seuils), qui affectent la façon dont les échantillons positifs sont déterminés. En outre, l’utilisation de l’anticorps de la nucléocapside comme indication d’une infection antérieure présente des limites liées au temps de latence entre l’infection et les anticorps détectables, à l’affaiblissement des anticorps et à l’incapacité de différencier les premières infections des infections récurrentes.  Compte tenu de ces limites, les estimations de la séroprévalence ne doivent généralement pas être interprétées comme des mesures directes des infections cumulées au cours de la pandémie. Cependant, les variations absolues de la séroprévalence anti-N sur de courts intervalles (p. ex. quelques mois) sont susceptibles de représenter avec précision les augmentations soudaines des infections au cours de l’intervalle.

Comment fonctionnent les enquêtes sérologiques?

Les enquêtes sérologiques déterminent le taux de séropositivité au SRAS-CoV-2 dans une population donnée en mesurant la présence d’anticorps contre les composants du virus dans le sang d’un individu. Les personnes infectées réagissent en produisant des anticorps contre plusieurs protéines virales, notamment la nucléocapside et les protéines de spicule. En Amérique du Nord, tous les vaccins actuellement approuvés et utilisés sont basés sur la protéine de spicule et son domaine de liaison aux récepteurs. Ainsi, lorsqu’un individu a des anticorps qui reconnaissent la protéine de la nucléocapside, cela peut être interprété comme un signe d’infection passée. En revanche, lorsqu’un individu présente des anticorps qui reconnaissent la protéine de spicule, cela peut être dû soit à une vaccination, soit à une infection.

Résultats jusqu’au 31 juillet 2022 | Le pourcentage de Canadiens ayant déjà été infectés approche les 60 %

Dans l’ensemble, la séroprévalence acquise par l’infection au Canada a augmenté de manière significative entre août 2021 et le 31 juillet 2022 : de 5,1 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 4,3-6,0) dans la vague pré-Delta à 59,1 % (IC 95 % : 53,5-66,85) à la fin du mois de juillet – après sept mois avec des variants d’Omicron en circulation.

Nous estimons que cette augmentation de la séroprévalence pendant la vague d’Omicron correspond à au moins 18,2 millions (IC à 95 % : 16,5-20,5) de Canadiens étant infectés entre le 15 décembre 2021 et le 15 juillet 2022. Le nombre réel de Canadiens nouvellement infectés (ou réinfectés) peut avoir été plus élevé, car certaines personnes infectées au début de la vague d’Omicron de la pandémie peuvent ne plus avoir d’anticorps anti-N détectables.

Le taux d’infection au cours de cette période de sept mois équivaut à plus de 86 000 infections par jour, soit plus de 10 fois le nombre de cas quotidiens observés lors des précédents pics des vagues de SRAS-CoV-2.

Séroprévalence de l’infection par le SRAS-CoV-2 au Canada (13 avril 2020 au 31 juillet 2022)

Séropositivité anti-nucléocapside pour tous les groupes d’âge, combinés, par région

Notes sur les données :

Chaque point représente une estimation de la séroprévalence d’un projet au milieu d’une période de collecte d’échantillons. La ligne noire représente la séroprévalence moyenne estimée, pondérée par la taille de l’échantillon. Les bandes gris foncé et gris clair représentent les intervalles de confiance bootstrap de 50 % et 95 %, respectivement.

État de la séroprévalence induite par l’infection au Canada

La carte interactive ci-dessous a été produite par l’équipe de données et d’analyse du GTIC à partir des données provenant de 22 études financées par le GTIC ou par des partenaires. Cette carte illustre le pourcentage d’adultes canadiens ayant des anticorps contre l’infection à la fin de juillet 2022.

Séroprévalence due à l’infection par province au fil du temps

La séroprévalence due à l’infection a continué d’augmenter pendant la vague d’Omicron dans toutes les provinces du Canada entre le 15 décembre 2021 et le 31 juillet 2022. Les résultats de plusieurs études de séroprévalence menées à travers le Canada ont montré :

  • Au cours de la dernière semaine de juillet, la séropositivité estimée de l’Ouest canadien due à l’infection variait de 55,0% (IC à 95 % : 49,0-60,9) en Colombie-Britannique à 67.4% (IC à 95 % : 62,2-73,0) en Alberta.
  • Les estimations dans les autres provinces ont également augmenté au cours de la même période, la séropositivité passant à 52,8 % (IC à 95 % : 48,8-57,1) en Ontario à 68,2 % (IC à 95 % : 54,0-92,4) au Québec d’ici la fin juillet.
  • Le Canada atlantique avait conservé le taux de séropositivité due à l’infection le plus bas au Canada, mais l’augmentation au printemps 2022 a placé le Canada atlantique au même niveau que les autres provinces, avec un peu plus de 50 % (figure 3) de séropositivité due à l’infection. Le taux de cette augmentation était beaucoup plus élevé que dans les autres provinces et territoires pendant la phase Omicron.

Anticorps measuré

estimation anti-N estimation anti-S

Colombie-Britannique

Alberta

Saskatchewan

Manitoba

Ontario

Québec

Nouvelle-Écosse

Île du Prince-Édouard

Terre-Neuve

Nouveau-Brunswick

Antibody measured

anti-N estimate anti-S estimate

Colombie-Britannique

Alberta

Saskatchewan

Manitoba

Ontario

Québec

Nouvelle-Écosse

Île du Prince-Édouard

Terre-Neuve

Nouveau-Brunswick

Séroprévalence due à l’infection par âge au fil du temps

La conversion en séropositivité due à l’infection (anti-N) pendant la vague d’Omicron a augmenté dans tous les groupes d’âge. Les niveaux les plus élevés de séropositivité due à l’infection ont été observés chez les jeunes adultes (17-24 ans), avec environ 73 % de séropositivité au cours de la dernière semaine de juillet. Les estimations de la séropositivité due à l’infection ont diminué avec l’âge au cours de la dernière semaine de juillet : 25-39 ans (68 %), 40-59 ans (56 %) et 60+ ans (40 %).

Données de la Société canadienne du sang et d’Héma-Québec seulement

Séroprévalence de l’infection au fil du temps au Canada : un graphique interactif détaillé

Ce graphique regroupe les données de la Société canadienne du sang depuis le début de la pandémie. Il permet de visualiser les taux de séroprévalence des infections acquises en fonction de la défavorisation, du groupe racial et de l’âge, ce qui donne un aperçu des caractéristiques des personnes qui ont été le plus touchées par la COVID-19. Ces données peuvent aider les responsables et les décideurs lorsqu’ils déploient des ressources et peuvent contribuer à résoudre les problèmes d’accès à la santé publique, de diffusion de l’information et d’équité pour tous les Canadiens.

Veuillez cliquer sur les boutons rouges en haut, « Défavorisation », « Groupe racial » ou « Âge » pour filtrer les résultats. Vous pouvez également double-cliquer sur la légende pour isoler une trace.

Séroprévalence par statut socioéconomique au fil du temps

Canada (sauf le Québec et les territoires)

Les données soulignent que les disparités du fardeau de l’infection entre les groupes de population les plus défavorisés (Q5) et les moins défavorisés (Q1)1, un phénomène qui a été observé tout au long de la pandémie. Les disparités se sont accrues au cours du mois de juillet : 57,9 % des donneurs de sang canadiens les plus défavorisés présentaient des anticorps aquis par l’infection, tandis que 53,3 % des donneurs de sang les moins défavorisés présentaient des signes de COVID-19. Ces chiffres sont à comparer aux 51,1 % et 47,9 % enregistrés respectivement en juin.

1 Tel que mesuré par l’indice de privation matérielle, qui utilise les données du code postal.


1 As measured by the Material Deprivation Index, which makes use of postal code data.

Remarques sur les données :

  • La hauteur des barres indique la proportion estimée du sous-groupe qui avait des anticorps contre le SRAS-CoV-2, ajustée pour la sensibilité et la spécificité du test et normalisée par rapport à la population canadienne. Les barres d’erreur indiquent des intervalles de confiance à 95 %.
  • Les anticorps provenant uniquement du vaccin sont en rouge = IgG anti-S positifs et IgG anti-N négatifs.
  • Les anticorps provenant de l’infection sont en bleu = positifs pour les IgG anti-nucléocapsides.
  • L’indice de défavorisation est un indicateur du manque de biens et de services (défavorisation) dans le quartier d’un participant, basé sur les trois premiers chiffres de son code postal. L’indice a été élaboré par Statistique Canada à partir des codes postaux et des données du recensement canadien de 2016 sur le revenu des ménages, le taux de chômage et le taux d’éducation secondaire.

Québec

La proportion de donneurs possédant des anticorps acquis par l’infection diminuait en fonction de l’âge, c’est-à-dire des jeunes adultes aux plus âgés : 40,3 % des donneurs de 18 à 24 ans, 38,1 % de ceux de 25 à 39 ans, 27,9 % de ceux de 40 à 59 ans et 18,7 % de ceux de 60 ans et plus (données amassées à la mi-mars). Les donneurs de 60 ans et plus ont présenté la plus forte augmentation de séropositivité acquise par l’infection au fil du temps dans toutes les catégories d’âge, soit 6,6 fois de plus entre les 2,8 % de janvier et les 18,7 % de la mi-mars.

Anticorps anti-SRAS-CoV-2 attribuables à…

l’infection (dosage Roche) la vaccination seulement (dosage Roche)

Remarques sur les données

  • Les données du Québec recueillies et analysées par Héma-Québec ont utilisé un test ELISA mis au point par Héma-Québec. Le test d’Héma-Québec détecte les anticorps provenant d’une infection ou d’une vaccination (détecte les anticorps contre le domaine de liaison au récepteur [RBD] du SRAS-CoV-2.
  • La vaccination contre le SRAS-CoV-2 a débuté en décembre 2020 au Québec. Pour chaque donneur inclus dans l’étude, Héma-Québec a obtenu son statut vaccinal, y compris ses dates de vaccination et le type de produit vaccinal, à partir du registre provincial de vaccination nommé SI-PMI, géré par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.
  • L’étude de séroprévalence d’Héma-Québec a testé des échantillons obtenus entre janvier et mars 2022.

Séroprévalence par groupe racial au fil du temps

Les données de la Société canadienne du sang révèlent des inégalités persistantes dans le fardeau de l’infection au sein de communautés racisées, qui continuent de présenter des taux de séroprévalence plus élevés que ceux observés chez les donneurs s’identifiant comme blancs (62,3% par rapport à 52%) à la fin de juillet.

La séroprévalence des anticorps anti-SRAS-CoV-2 chez les donneurs de sang canadiens au fil du temps (Canada sauf le Québec et les territoires)

Anticorps anti-SRAS-CoV-2 attribuables à…

l’infection (dosage Roche) la vaccination seulement (dosage Roche)

Remarques sur les données :

  • La hauteur des barres indique la proportion estimée du sous-groupe qui avait des anticorps contre le SRAS-CoV-2, ajustée pour la sensibilité et la spécificité du test et normalisée par rapport à la population canadienne. Les barres d’erreur indiquent des intervalles de confiance à 95 %.
  • Les anticorps provenant uniquement du vaccin sont en rouge = IgG anti-S positifs et IgG anti-N négatifs.
  • Les anticorps de l’infection sont en bleu = positifs pour les IgG anti-nucléocapside.

Rapports de la Société canadienne
du sang et d’Héma-Québec

Juillet 2022
Juin 2022
Mai 2022
Mi-mai 2022
Avril 2022
Mi-avril 2022
Mars 2022 (Héma-Québec)
Mars 2022
Février 2022
Janvier 2022
Décembre 2021

Résumés du GTIC des rapports de la
Société canadienne du sang et d’Héma-Québec

Juillet 2022
Juin 2022
(Héma-Québec)
Juin 2022
Mai 2022
Mi-mai 2022
Avril 2022
Mi-Avril 2022
Mi-mars 2022 (Héma-Québec)
Mi-mars 2022
Mars 2022
Février 2022
Mi-février 2022
Mi-janvier 2022
Décembre 2021
Novembre 2021
Octobre 2021
Septembre 2021
Août 2021
Juillet 2021
Juin 2021
Mai 2021
Janvier 2021
Oct/Nov 2020
Mai/Juin 2020