Dans la récente prépublication (qui n’a donc pas été révisée par un comité de lecture) d’une étude dirigée par le Dr Stephen Hwang, un chercheur de l’Université de Toronto et de Unity Health financé par le GTIC, l’équipe a exploré la prévalence du SRAS-CoV-2 chez les personnes en situation d’itinérance à Toronto pendant la première vague de la pandémie. L’équipe a observé que la prévalence globale de SRAS-CoV-2 était plus élevée dans les populations en situation d’itinérance que dans la population générale et que les taux variaient énormément entre les divers établissements au service de cette population, ce qui démontre la nécessité d’adopter une stratégie d’intervention polyvalente pour répondre aux besoins de cette communauté.

Les personnes en situation d’itinérance sont particulièrement vulnérables aux maladies infectieuses et, par conséquent, à la COVID-19, en raison de problèmes de santé déjà complexes, du manque de ressources, du manque d’accès aux soins et de la nécessité d’évoluer dans des refuges achalandés et mal ventilés.

Dans cette étude réalisée à Toronto, l’équipe de recherche a recruté des participants de divers établissements qui s’occupent de cette population particulière (refuges, campements spontanés, lieux créés pour respecter la distanciation physique en contexte de COVID-19, centres de jour) afin de mieux comprendre les différences de prévalence dans les divers milieux. Ils ont colligé des données dans 97 établissements entre le 17 avril et le 31 juillet 2020.

Faits saillants

  • La prévalence globale de l’infection par le SRAS-CoV-2 s’élevait à 8,5 % au sein de cette population (394 cas sur 4 657 personnes), soit moins que dans l’ensemble de la population torontoise pendant la même période.
  • Les taux d’infection dans les établissements à l’étude variaient entre 0 % et 70,6 %, ce qui démontre l’importante variabilité des taux d’infection entre les refuges et les milieux.
  • Les données colligées à trois moments ont démontré que les taux de positivité ont diminué au fil du temps. Cette tendance s’explique peut-être par la coordination entre les responsables des refuges et les dispensateurs de soins à dépister et isoler les résidents infectés des autres.
  • La plupart des cas (97,5 %) ont été décelés pendant des éclosions établies plutôt que dans le cadre d’activités de dépistage.

Étant donné la forte prévalence de COVID-19 au sein de cette population, le Dr Hwang et ses coauteurs soulignent la nécessité d’adopter des mesures appropriées pour soutenir les personnes en situation d’itinérance et pour réduire le risque de transmission de la COVID-19 dans des lieux achalandés comme les refuges.

Luong L, Beder M, Nisenbaum R, Orkin A, Wong J, Damba C, Emond R, Lena S, Wright V, Loutfy M, Bruce-Barrett C, Cheung W, Cheung YK, Williams V, Vanmeurs M, Boozary A, Manning H, Hester J, Hwang SW, 2021. Prevalence of SARS-CoV-2 infection among people experiencing homelessness in Toronto during the first wave of the COVID-19 pandemic. medRxiv Le 26 septembre 2021. doi : 10.1101/2021.09.21.21263713