Par : Varun C. Anipindi

Le vaccin à base d’ARNm de Pfizer s’est révélé d’une remarquable efficacité. Il est homologué auprès de groupes d’âge très variés, des enfants de 12 ans et plus jusqu’aux personnes âgées. Les corrélations de protection spécifiques sont encore à l’étude, mais dans une étude de Nature1, des chercheurs tentent d’évaluer le vaste éventail de réponses immunitaires conférées par une ou deux doses du vaccin de Pfizer chez des personnes de 20 à 80 ans.

Faits saillants

  • Dans une cohorte de 140 individus, les chercheurs ont observé une relation inversement proportionnelle entre l’âge et les réponses aux anticorps neutralisants, y compris une forte baisse chez les personnes de 80 ans et plus.
  • Au moins deux doses du vaccin de Pfizer étaient essentielles pour conférer une réponse des anticorps neutralisants chez les personnes de 80 ans et plus.
  • Les réponses des lymphocytes T IFN-γ et d’IL-2 étaient moins élevées chez les personnes vaccinées de 80 ans que chez les personnes plus jeunes.

Les anticorps neutralisants pourraient jouer un rôle essentiel pour déterminer l’efficacité des vaccins, notamment contre les variants à surveillance rehaussée (VOC) émergents. Dans la présente étude, les chercheurs ont d’abord étudié les répercussions de l’âge sur la neutralisation virale après l’administration du vaccin de Pfizer. Après la première dose, le sérum des adultes de plus de 80 ans était nettement moins efficace pour neutraliser le SRAS-CoV-2 que celui des personnes de moins de 80 ans. Ces titres de neutralisation se sont améliorés après la seconde dose du vaccin, un intervalle de 12 semaines entre les doses étant préférable à un intervalle de trois semaines. De plus, il fallait au moins deux doses pour neutraliser des variants à surveillance rehaussée comme les variants alpha, bêta et gamma. Lorsqu’ils ont comparé les taux d’anticorps absolus, les chercheurs ont observé que les IgG totales et les sous-classes d’IgG dirigées contre la protéine spiculaire étaient également plus faibles chez les personnes de 80 ans et plus que dans les groupes plus jeunes.

Puisque les lymphocytes T pourraient aussi contribuer largement à limiter l’évolution de la maladie, les chercheurs ont mesuré la production d’IFN-γ et d’IL-2 pour examiner les réponses des lymphocytes T après la vaccination. Conformément aux réponses des anticorps, ils ont observé une corrélation négative entre l’âge et les réponses des lymphocytes IFN-γ spécifiques aux spicules, ainsi qu’une baisse marquée après l’âge de 80 ans. Ils ont observé un effet semblable, mais moins marqué, à l’égard des réponses des lymphocytes T IL-2. De plus, la majorité des IFN-γ et des IL-2 était produite par les lymphocytes T CD4+ et non les lymphocytes T CD8+ dans les échantillons de cellules mononucléées du sang périphérique, ce qui démontre que les lymphocytes T CD4+ pourraient être les producteurs de cytokines primaires qui répondent aux antigènes du SRAS-CoV-2 après la vaccination. Fait intéressant, contrairement aux taux d’anticorps, les réponses des IFN-γ et des IL-2 spécifiques aux spicules après la première dose n’ont pas tellement augmenté après l’administration de la seconde dose.

Dans l’ensemble, cette étude indique que les personnes de plus de 80 ans pourraient produire des réponses plus faibles des anticorps et des lymphocytes T après la vaccination, et par conséquent, sont susceptibles d’être plus vulnérables aux infections perthérapeutiques par les variants à surveillance rehaussée, particulièrement après une vaccination partielle par une seule dose de vaccin. On ne sait pas quelle protection procurent ces réponses à long terme, mais la posologie vaccinale complète semblait accroître les réponses des anticorps et assurer une meilleure protection contre les variants à surveillance rehaussée, même dans la population âgée.

 

Collier DA, Ferreira IATM, Kotagiri P et coll. Age-related immune response heterogeneity to SARS-CoV-2 vaccine BNT162b2. Nature (2021). https://doi.org/10.1038/s41586-021-03739-1