De nombreux vaccins efficaces ont été mis au point pour atténuer les effets de la pandémie de COVID-19, mais il demeure crucial de trouver de nouvelles façons de traiter les patients hospitalisés à cause d’une COVID-19 modérée, grave ou très grave. Dans un récent commentaire, le Dr Donald Vinh, un chercheur financé par le GTIC qui travaille à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, explore l’utilisation des protéines d’interféron de type 1 pour permettre aux médecins de mieux contrôler la maladie.

Dans ce commentaire, le Dr Vinh explore deux utilisations des protéines de l’interféron de type 1 (IFN-1) dans un contexte thérapeutique : 1) l’administration d’IFN-β exogène et 2) l’extraction des autoanticorps anti-IFN de type 1.

Faits saillants

  • Selon de nombreuses études, le système immunitaire inné, notamment les INF-1, est essentiel pour contrôler la réplication du SRAS-CoV-2 et en limiter les dommages au minimum.
  • Les auto-anticorps anti-IFN-1, c’est-à-dire des anticorps qui attaquent l’IFN-1, sont associés à près de 10 % des très graves cas de COVID-19. Par conséquent, des interventions thérapeutiques susceptibles d’épuiser ces auto-anticorps peuvent être bénéfiques pour traiter les patients hospitalisés à cause d’une COVID-19 grave.
  • De plus, 3 % des personnes atteintes d’une COVID-19 grave peuvent présenter des anomalies associées à la voie de signalisation de l’IFN-1. Elles donc avoir besoin de traitements particuliers pour se protéger, tels que l’IFN exogène.
  • Tout comme la production insuffisante d’IFN-1, des taux trop élevés peuvent également être nuisibles. En effet, un taux excessif d’IFN-1 en réponse au SRAS-CoV-2 est associé à une inflammation plus marquée, qui peut avoir des résultats cliniques négatifs. C’est pourquoi il peut être utile de recourir à des interventions comme les interférons de type 1 utiles pour maîtriser une inflammation non contrôlée.

Dans l’ensemble, les auteurs avancent que, grâce à des interventions ciblées comme l’administration d’IFN exogène ou l’extraction des auto-anticorps anti-IFN, les médecins pourraient tirer profit du système immunitaire inné pour contrôler la COVID-19.

Vinh DC, Abel L, Bastard P, Cheng MP, Condino-Neto A, Gregersen PK, Haerynck F, Cicalese MP, Hagin D, Soler-Palacín P, Planas AM. Harnessing Type I IFN Immunity Against SARS-CoV-2 with Early Administration of IFN-β. J Clin Immunol. Le 8 juin 2021:1-8.