Par Varun C. Anipindi

Les chercheurs aspirent à trouver des mécanismes de protection précis contre le SRAS-CoV-2. Dans une publication récente de Cell Reports Medicine, des auteurs ont suivi un groupe de 254 personnes rétablies d’une infection par la COVID-19 contractée pendant la première vague à Seattle et à Atlanta. Cherchant à déterminer le spectre de l’immunité découlant de l’infection par la COVID-19, les auteurs soulignent que ces personnes ont acquis de solides réponses humorales et à médiation cellulaire, qui peuvent encore être détectées plus de huit mois après l’infection.

Faits saillants

  • Les personnes qui se sont rétablies du SRAS-CoV-2 acquièrent une solide réponse immunitaire des anticorps et à médiation cellulaire qui peut être détectée plus de huit mois après l’infection.
  • Des taux plus élevés d’anticorps IgG antispiculaires dans le sérum sont corrélés avec une meilleure capacité fonctionnelle à bloquer les réinfections.
  • L’infection par le SRAS-CoV-2 induit des réponses polyfonctionnelles des lymphocytes qui ciblent les protéines structurelles et la protéine nucléocapsidique.
  • L’infection par le SRAS-CoV-2 peut également stimuler les anticorps contre le SRAS-CoV-1 et d’autres coronavirus courants.

Les chercheurs ont d’abord démontré une solide réponse des anticorps IgG et IgA contre le spicule du SRAS-CoV-2 chez des personnes en convalescence de la COVID-19, qui s’est stabilisée au fil du temps (demi-vie de huit mois), ce qui laisse supposer la formation de solides lymphocytes B mémoires à vie longue. Ces anticorps avaient le potentiel de neutraliser le SRAS-CoV-2, et cette capacité de neutralisation avait une corrélation positive avec le taux d’anticorps IgG contre le spicule et les protéines RBD, ce qui laisse croire à l’importance d’obtenir des taux d’anticorps plus élevés (stimulés par les vaccins) pour prévenir les réinfections.

Les chercheurs ont également évalué l’immunité à médiation cellulaire contre le SRAS-CoV-2 et découvert que 89 % et 69 % de toutes les personnes infectées avaient acquis une réponse aux lymphocytes T CD4+ et CD8+, respectivement. Les lymphocytes T CD4+, qui suscitaient une réponse polyfonctionnelle, considérée comme la mémoire « centrale » (à long terme, d’une demi-vie de plus de six mois), étaient en mesure de cibler un vaste éventail de protéines structurelles du SRAS-CoV-2. En revanche, les lymphocytes T CD8+ présentaient une réponse largement polyfonctionnelle, considérée comme la mémoire effectrice (à court terme), et ciblaient préférablement la protéine nucléocapsidique.

Enfin, les chercheurs ont tenté de trouver des facteurs liant les réponses immunitaires à la gravité de la maladie et ont découvert que l’âge et la gravité de la maladie étaient associés de manière indépendante à la magnitude des réponses des anticorps et des lymphocytes T CD4+, mais pas aux réponses des lymphocytes T CD8+.

En résumé, cette étude fournit des points de vue précieux sur la portée de l’immunité induite contre le SRAS-CoV-2 chez les personnes qui se sont rétablies de cette infection. La réponse immunitaire au SRAS-CoV-2 est importante et composée à la fois d’anticorps et de lymphocytes T, qui ont tendance à persister puisque les lymphocytes B et T sont encore détectables huit mois après l’apparition des symptômes. Dans l’ensemble, il s’agit d’une cohorte longitudinale précieuse – le groupe à l’étude sera suivi pendant au moins deux ans – pour évaluer le spectre et la longévité des réponses immunitaires au SRAS-CoV-2. Elle peut être très utile pour éclairer le développement de vaccins, qui contribueront peut-être à mieux modérer la pandémie de COVID-19.

 

Cohen KW et coll. Longitudinal analysis shows durable and broad immune memory after SARS-CoV-2 infection with persisting antibody responses and memory B and T cells. Cell Rep Med 2021. https://doi.org/10.1016/j.xcrm.2021.100354