De nouvelles études sur les anticorps contre la COVID-19 au sein des populations carcérales du Canada

Le gouvernement du Canada investit environ 1,2 million de dollars, par l’intermédiaire du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC), pour soutenir quatre études portant sur les employés d’établissements correctionnels canadiens et les personnes incarcérées dans ces établissements. Ces études visent à déterminer combien de personnes parmi celles-ci présentent des anticorps contre le SRAS-CoV-2, le virus responsable de la COVID-19, et porteront sur certains établissements fédéraux du pays ainsi que des établissements provinciaux en Colombie-Britannique, en Saskatchewan et au Québec.

Ces recherches aideront le GTIC à savoir combien de personnes incarcérées et de membres du personnel des services correctionnels ont contracté la COVID-19 et contribueront à la planification du suivi de la vaccination en fonction des besoins dans ces milieux de vie collectifs.

La participation à ces études est totalement volontaire. Un participant peut choisir en tout temps de se retirer. Tous les participants auront l’occasion de connaître leurs résultats d’analyses sérologiques, en toute confidentialité.

« Les éclosions de COVID-19 dans les établissements correctionnels ont d’importantes répercussions sur les personnes incarcérées et les membres du personnel », déclare l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam. « Ces études nous aideront à élaborer des stratégies plus efficaces pour prévenir l’introduction et la propagation du virus dans ces établissements. »

Les équipes de recherche feront passer plusieurs tests aux participants des établissements fédéraux pour observer l’évolution des taux d’anticorps. « La première étape à franchir pour connaître le risque de réinfection consiste à comprendre comment les taux d’anticorps évoluent dans le temps », explique Michael Martin, Ph. D., chercheur principal de l’étude du Service correctionnel du Canada (SCC) et directeur par intérim de l’épidémiologie. 

« Nous prenons notre responsabilité pour la sécurité des personnes qui se trouvent dans nos établissements pénitentiaires très sérieusement, y compris les plus vulnérables, » déclare l’honorable Bill Blair, ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile. « Investir dans ces études nous permettra d’améliorer les mesures que nous mettons en œuvre pour protéger le personnel, les personnes incarcérées et les communautés locales. »

Études sur les pénitenciers provinciaux

Les chercheurs en Colombie-Britannique et au Québec étudieront à la fois les personnes incarcérées et les travailleurs des services correctionnels dans les établissements provinciaux, tandis que ceux en Saskatchewan recruteront seulement des personnes qui vivent en milieu carcéral.

Les établissements correctionnels provinciaux hébergent un plus grand nombre de personnes incarcérées et présentent des taux de roulement plus élevés que les établissements fédéraux. Les nombreuses allées et venues dans ces milieux favorisent donc la transmission de l’infection au SRAS-CoV-2, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur des établissements correctionnels.

« Les rotations quotidiennes du personnel des établissements correctionnels peuvent permettre au SRAS-CoV-2 de s’introduire dans ces milieux, en plus de contribuer à sa transmission à l’extérieur », affirme la Dre Nadine Kronfli, de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, chercheuse principale de l’étude sur les pénitenciers provinciaux au Québec. « Il est important pour nous d’étudier les deux populations, pour produire des données qui serviront à formuler des recommandations sur les politiques de santé publique. »

« La COVID-19 a d’importantes répercussions psychosociales qui touchent les personnes incarcérées, dont les chercheurs devraient tenir compte », souligne le Dr Alexander Wong, de l’Université de la Saskatchewan, chercheur principal de l’étude sur les établissements provinciaux en Saskatchewan. « Dans un établissement correctionnel, un résultat positif à un test de dépistage d’anticorps contre la COVID-19 peut contribuer fortement à stigmatiser quelqu’un, alors tout est mis en œuvre pour assurer la confidentialité des résultats. »

« Pour beaucoup de personnes incarcérées, les possibilités d’emploi et de logement sont restreintes à leur sortie d’un établissement correctionnel. La pandémie ne fait qu’exacerber ces problèmes et rend encore plus difficile leur réintégration dans la société », explique Sofia Bartlett, Ph. D., du BC Centre for Disease Control, chercheuse principale de l’étude sur les établissements provinciaux en Colombie-Britannique. « Les conséquences psychosociales de l’incarcération sont nombreuses, autant pendant l’emprisonnement qu’après. Pour une personne incarcérée, le fait de connaître son état sérologique peut être rassurant, dans une certaine mesure, et l’aider à s’adapter quand elle retourne vivre dans la communauté. »

« Nous voulons protéger la sécurité et la santé des personnes qui sont incarcérées et de celles qui travaillent dans ces milieux de vie collectifs », dit Heather Scriver, sous-ministre adjointe des Services de détention, de supervision et de réadaptation de la Saskatchewan. « L’étude nous fournira de précieux renseignements sur toute modification qui pourrait nous permettre d’améliorer nos programmes en Saskatchewan. »

« Le GTIC appuie ces études prioritaires sur les populations carcérales, non seulement en les finançant, mais aussi en facilitant la collaboration entre les équipes, qui mettent en commun leurs méthodes, leurs outils et leurs expériences pour obtenir plus rapidement des résultats précis et comparables », conclut la Dre Catherine Hankins, coprésidente du GTIC et coordonnatrice du réseau de la sérologie dans le milieu carcéral.

Au sujet du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 

À la fin avril 2020, le gouvernement du Canada a créé le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC) et lui a confié un mandat de deux ans. Le GTIC est supervisé par une équipe de direction bénévole composée d’experts et de scientifiques canadiens de premier plan provenant d’universités et d’hôpitaux de tout le pays qui cherchent à comprendre la nature de l’immunité découlant du nouveau coronavirus responsable de la COVID-19. À cette fin, le GTIC soutient diverses études visant à déterminer l’ampleur de la propagation de l’infection au SRAS-CoV-2 au Canada (dans la population générale, dans certaines communautés et dans des populations prioritaires), comprendre en quoi consiste l’immunité qui suit l’infection, améliorer les méthodes de dépistage des anticorps et contribuer à surveiller l’efficacité et l’innocuité des vaccins qui sont distribués au Canada. Par conséquent, le Groupe de travail et son secrétariat collaborent étroitement avec un ensemble de partenaires, dont des gouvernements, des organismes de santé publique, des institutions, des organisations de santé, des équipes de recherche, d’autres groupes de travail, des communautés et des intervenants. Récemment, le Groupe de travail s’est vu confier la tâche de soutenir la surveillance de l’efficacité et de l’innocuité des vaccins, ce qui s’inscrit dans son objectif premier qui consiste à produire des données et à susciter des idées pouvant orienter des interventions visant à ralentir la propagation du SRAS-CoV-2 au Canada – pour finalement y mettre un terme. Pour en savoir plus, consultez le site www.covid19immunitytaskforce.ca/fr/.

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