Des équipes de recherche canadiennes percent certains secrets de l’immunité au SRAS-CoV-2

Le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC) du Canada annonce, au moment où le déploiement des vaccins contre la COVID-19 commence au pays, que deux des équipes de recherche qu’il appuie ont récemment publié leurs premières constatations sur l’immunité au SRAS-CoV-2, le virus responsable de la maladie.

L’une des équipes, dirigée par des chercheurs de l’Université de Toronto, a vu ses premiers travaux sur la réponse immunitaire des patients atteints de la COVID-19 publiés dans le Journal of Immunology.

Ses constatations mettant en lumière certains phénomènes qui se produisent dans l’organisme pourraient permettre de comprendre pourquoi les patients infectés par le SRAS-CoV-2 présentent une inflammation et des dommages pulmonaires plus graves que ceux qui contractent le virus de l’influenza saisonnière.

« Nous avons utilisé les cellules sanguines de 13 personnes qui s’étaient rétablies du SRAS-CoV-2 au cours des 4 à 12 semaines précédentes », explique la chercheuse Tania Watts, professeure au Département d’immunologie de la Faculté de médecine Temerty de l’Université de Toronto. « Nous avons stimulé les cellules sanguines de ces personnes en laboratoire à l’aide de certaines parties du virus, pour savoir si les cellules immunitaires pourraient reconnaître des protéines du SRAS-CoV-2 et engendrer une réponse robuste des lymphocytes T. Nous avons comparé ces réponses avec celles qui se produisent avec le virus de l’influenza, auquel la plupart des adultes sont souvent exposés et contre lequel ils sont immunisés, poursuit Watts. Chez tous les patients guéris du SRAS-CoV-2, nous avons constaté une réponse immunitaire acquise au SRAS-CoV-2 et au virus de l’influenza, mais ces réponses étaient très différentes. »

« La réponse des individus dont les cellules sanguines étaient stimulées avec le SRAS-CoV-2 se caractérisait par une inflammation accrue et supposait une protection moindre contre l’infection, comparativement à ce qui se produisait quand les cellules sanguines étaient stimulées avec le virus de l’influenza », décrit le codirecteur de l’étude, Mario Ostrowski, professeur aux départements de médecine, d’immunologie, de médecine de laboratoire et de pathologie de la Faculté de médecine Temerty de l’Université de Toronto.

« Nous devons découvrir si les cellules immunitaires dans le sang d’une personne qui s’est rétablie de la COVID-19 réagiront à un vaccin contre le SRAS-CoV-2 d’une manière semblable ou différemment, ajoute-t-il. La réponse sera-t-elle surtout inflammatoire et moins protectrice? Les plans pour la vaccination de tous les Canadiens vont bon train, c’est pourquoi il est important de continuer à évaluer comment les personnes ayant déjà eu la COVID-19 réagiront aux vaccins. »

L’autre équipe de recherche, dirigée par des chercheurs de l’Université de Montréal, étudiera plusieurs questions au cours des mois à venir. « Pouvons-nous prédire quels patients infectés par le SRAS-CoV-2 développeront une forme grave de la maladie? Les personnes qui survivent à la COVID-19 développent-elles une protection immunitaire à long terme? Peut-on déterminer quels patients atteints de la COVID-19 présentent un risque élevé de réinfection à partir de tests de dépistage des anticorps? Enfin, la réexposition au virus renforce-t-elle notre immunité? », demande le chercheur principal Daniel Kaufmann, professeur au Département de médecine de l’Université de Montréal.

Les premières constatations permettant de répondre à l’une de ces questions ont été publiées dans mBio, une revue à libre accès de l’American Society for Microbiology. L’équipe de recherche a découvert que les taux d’anticorps dans le sang des patients atteints de la COVID-19 chutent rapidement au cours des semaines qui suivent l’élimination du virus par le système immunitaire et la disparition des symptômes.

« Nous étudions l’utilisation de plasma sanguin provenant de patients en voie de rétablissement comme traitement possible pour les patients présentant des symptômes graves de la COVID-19 », explique l’auteur principal, Andrés Finzi, titulaire d’une Chaire de recherche du Canada et professeur agrégé au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l’Université de Montréal. « Le sang des patients en voie de rétablissement contient des anticorps qui peuvent agir contre le SRAS-CoV-2. Cependant, selon nos recherches, si les avantages du plasma convalescent sont clairement démontrés, il faudra que le plasma soit prélevé pendant une période précise après le rétablissement. Cette fenêtre sera étroite, car les patients en rétablissement doivent attendre au moins 14 jours après la disparition des symptômes pour donner du sang, afin de laisser le temps à l’organisme d’éliminer les particules virales », explique Finzi.

« Ces deux groupes de recherche font partie du réseau de l’immunologie du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19, indique la Dre Catherine Hankins, coprésidente du GTIC. Nous finançons certaines études sur l’immunité et avons formé des réseaux comme celui-ci pour encourager les équipes de recherche à travailler en collaboration afin d’harmoniser leurs données, leurs expériences, leurs conclusions et leurs méthodes. Avec un maximum de communication, les recherches seront plus efficaces et productives, explique-t-elle. Maintenant qu’un premier vaccin contre la COVID-19 a été autorisé au Canada, les chercheurs de tout le pays s’efforcent d’arriver à des conclusions rapidement, tout en appliquant une méthodologie rigoureuse. Le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 continue de financer des études sur l’immunité afin de donner des réponses aux Canadiens – et des données probantes aux décideurs qui définissent les politiques de santé publique – aussi vite que possible. »

« Ces deux équipes de recherche sont parmi les nombreux groupes appuyés par le gouvernement du Canada qui étudient les réponses immunitaires possibles à la COVID-19, déclare la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada. En comprenant mieux comment réagit le système immunitaire des personnes ayant déjà contracté la COVID-19 et qui en sont rétablies, nous pourrons planifier et cibler plus efficacement nos stratégies de santé publique, notamment nos programmes d’immunisation. »

Le financement accordé par le GTIC à ces deux études a été annoncé au début de septembre, en même temps que le financement de 20 autres études. Les deux études ont fait l’objet d’une évaluation par des pairs dans le cadre du concours Intervention de recherche rapide contre la COVID-19 des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Le groupe de recherche de l’Université de Toronto est financé principalement par les IRSC. Communiqué de presse initial : https://www.covid19immunitytaskforce.ca/fr/un-partenariat-entre-le-groupe-de-travail-sur-limmunite-face-a-la-covid-19-et-les-irsc-pour-soutenir-22-etudes-sur-la-covid-19/

Au sujet du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 

Le gouvernement du Canada a créé à la fin avril 2020 le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 pour suivre la propagation du virus, autant dans la population générale que dans les populations prioritaires du Canada. Le Groupe de travail a également pour mission de faire la lumière sur la réponse immunitaire au SRAS-COV-2 dans différentes collectivités et populations, ainsi que dans divers groupes d’âge et groupes professionnels au pays. Pour produire cette information, le Groupe de travail fait appel à des experts provenant d’hôpitaux et d’universités canadiens, collabore étroitement avec les autorités de santé publique provinciales et territoriales et mobilise les collectivités et les parties prenantes du début d’un projet jusqu’à la diffusion des constatations. Pour en savoir plus, consultez le site www.covid19immunitytaskforce.ca/fr/

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