Dans une publication du Journal of Clinical Investigation, le Dr Daniel Kaufmann et le Pr Andrés Finzi, de l’Université de Montréal, et leurs collaborateurs ont découvert une altération de la réponse immunitaire chez les patients atteints d’une infection aiguë par le SRAS-CoV-2, ce qui influe sur la gravité des symptômes et sur la mortalité. Ces observations pourraient aider les cliniciens à dépister les patients vulnérables à un pronostic défavorable et jeter la lumière sur ce que de nouvelles thérapies pourraient chercher à cibler. Cette étude a été partiellement financée par le Groupe de travail sur l’immunisation contre la COVID-19, en collaboration avec les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

 

Deux groupes de patients, comparables sur le plan de l’âge et du sexe, ont été recrutés dans un grand hôpital pour déterminer les différences de réponses des cellules immunitaires entre les patients porteurs du SRAS-CoV-2 et d’autres patients atteints de maladies aiguës. Un troisième groupe de sujets témoins en bonne santé a également été inclus dans l’étude. Les chercheurs ont prélevé du sang chez ces patients à différents moments et procédé à l’analyse par cytométrie en flux pour déterminer les divers types de cellules contenues dans les prélèvements. Ils ont découvert des différences particulières entre les personnes infectées par le SRAS-CoV-2 et celles qui n’étaient pas infectées pour ce qui est de deux types distincts de cellules immunitaires participant au mécanisme de défense de l’organisme contre l’infection (les cellules myéloïdes et lymphoïdes). Parmi les modifications observées, soulignons des taux élevés de lymphocytes T CD38+CD8+ chez les patients atteints d’une COVID-19 grave, également associée à la mortalité. L’équipe de recherche a également trouvé d’autres marqueurs spécifiques susceptibles d’être indicateurs du degré de gravité de la maladie : la protéine PD-1 sur les lymphocytes T CD4+ et les protéines ICAM-1 et ALCAM sur les neutrophiles et les cellules présentatrices de l’antigène (lymphocytes B, monocytes). Ils avancent que ces résultats pourraient faire l’objet de nouvelles études à titre de cibles thérapeutiques potentielles.

Les chercheurs ont conclu que la technique utilisée dans cette étude pouvait facilement être déployée dans d’autres milieux cliniques, servir à compléter le suivi des patients et aider les cliniciens à dépister les patients vulnérables à des pronostics défavorables.

 

Rébillard RM, Charabati M, Grasmuck C, Filali-Mouhim A, Tastet O, Brassard N, Daigneault A, Bourbonnière L, Anand SP, Balthazard R, Beaudoin-Bussières G, Gasser R, Benlarbi M, Carmena Moratalla A, Carpentier Solorio Y, Boutin M, Farzam-Kia N, Descôteaux-Dinelle J, Fournier AP, Gowing EM, Laumaea A, Jamann H, Lahav B, Goyette G, Lemaître F, Mamane VH, Prévost J, Richard J, Thai K, Cailhier JF, Chomont N, Finzi A, Chassé M, Durand M, Arbour N, Kaufmann DE, Prat A, Larochelle C. Identification of SARS-CoV-2-specific immune alterations in acutely ill patients. J Clin Invest. Le 15 avril 2021;145853. doi : 10.1172/JCI145853