Deux études analysent la transmission du SRAS-CoV-2 et l’immunité au virus chez les étudiants et le personnel fréquentant des campus universitaires

Bien que beaucoup de cours universitaires se donnent actuellement en ligne au Canada, certains programmes nécessitent un enseignement en présentiel et l’accès aux installations de recherche des campus. Cela augmente le risque d’exposition des étudiants, du corps enseignant et du personnel au SRAS-CoV-2, le virus responsable de la COVID-19. Par conséquent, le gouvernement du Canada investit environ un million de dollars par l’intermédiaire du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC) pour soutenir deux études de recherche sur la transmission et l’immunité du virus sur les campus universitaires.

Étude de l’Université de Waterloo

La première étude, menée par Brian Dixon, Ph. D., à l’Université de Waterloo, recrute actuellement 1 000 étudiants, membres du corps professoral et autres employés d’établissements postsecondaires de la région. On demande à chaque participant de passer un test de dépistage d’une infection active et de fournir trois échantillons de sang sur une période de neuf mois, afin de pouvoir surveiller l’exposition et l’immunité au SRAS-CoV-2.

« Notre objectif premier est de quantifier le nombre de personnes porteuses du SRAS-CoV-2 sur les campus de la région, qu’elles présentent ou non des symptômes, en dépistant les cas actifs de COVID-19 », explique M. Dixon, qui est professeur et titulaire d’une Chaire de recherche du Canada au Département de biologie de l’Université de Waterloo. « Nous analyserons également leurs échantillons sanguins pour détecter deux réponses immunitaires différentes, soit la réponse anticorps et la réponse de lymphocytes T mémoire. »

« Nous voulons recruter des participants pour former un bassin diversifié, afin de comprendre les conséquences de l’exposition au virus chez des personnes de différents sexes, groupes sanguins, groupes d’âge et groupes ethniques qui sont exposées à des niveaux de risque similaires et évoluent à peu près dans le même environnement », poursuit le professeur Dixon. « Nous comptons dresser des profils qui nous indiqueront quelles personnes, parmi celles qui fréquentent les campus universitaires, sont plus susceptibles d’être infectées par le SRAS-CoV-2 et lesquelles sont plus susceptibles d’avoir des symptômes. »

« Dans les collèges et universités, on trouve habituellement une population diversifiée de jeunes adultes de passage, qui viennent de la région et de l’étranger et qui font plusieurs allers-retours entre le campus et d’autres endroits, » explique le professeur Dixon. « Nous espérons en savoir plus sur le risque de contracter l’infection sur un campus et utiliser ces données pour élaborer des mesures de prévention. »

Étude de l’Université Queen’s

La deuxième étude est menée par la Dre Anne Ellis à l’Université Queen’s avec des cochercheurs, le Dr Stephen Vanner et Prameet Sheth, Ph. D. L’équipe recrutera 500 étudiants de la Faculté des sciences de la santé qui ne présentent aucun symptôme. De façon régulière, ces étudiants interagissent directement les uns avec les autres, avec la population en général, ainsi qu’avec les patients externes et hospitalisés du Kingston Health Sciences Centre, ce qui représente pour eux un risque accru d’exposition au virus. L’équipe de recherche dépistera les cas actifs de COVID-19 chez les étudiants et fera des analyses pour détecter la présence d’anticorps dans leur sang, qui signale une infection antérieure. L’équipe effectuera les deux types d’analyses à trois autres reprises pendant huit mois, afin de détecter toute variation des taux d’infection et d’anticorps.

« Nous avons deux objectifs principaux », explique la Dre Ellis, qui est professeure aux départements de médecine et de sciences biomédicale et moléculaire à l’Université Queen’s. « Premièrement, nous voulons repérer les porteurs du virus qui ne présentent aucun symptôme, pour déterminer la prévalence des cas d’infection au SRAS-CoV-2 asymptomatique chez ces étudiants. Deuxièmement, nous allons analyser les taux d’anticorps pendant les huit mois que dureront l’étude pour détecter toute variation, du négatif au positif et vice versa, afin de déterminer si la variation peut être liée à l’immunité. »

« Notre étude permettra aussi d’évaluer la probabilité que les étudiants soient infectés par le virus et développent des anticorps, poursuit la Dre Ellis. « Les participants répondront à un questionnaire qui servira à établir des correspondances entre leurs résultats d’analyses et d’autres facteurs comme la démographie, les indicateurs de santé physique, le mode de vie, les antécédents médicaux, les déplacements, les antécédents relatifs à la COVID-19, les mesures de prévention de la COVID-19, l’exposition au virus et le dépistage. »

L’équipe de recherche utilisera des questionnaires de suivi pour déterminer le degré d’anxiété des étudiants et leurs mécanismes d’adaptation, afin d’établir des corrélations entre l’évolution de leur santé mentale et les différents résultats de leurs tests de dépistage de la COVID-19. L’équipe se penchera sur l’évolution de la santé mentale des étudiants en fonction de l’annonce de leurs résultats du dépistage de l’infection active et de l’immunité au SRAS-CoV-2.

« La pandémie de COVID-19 a transformé radicalement le paysage de l’éducation postsecondaire et de nombreux établissements sont confrontés à des choix difficiles pour assurer la sécurité des étudiants qui reviennent sur les campus, afin de protéger leur santé physique et mentale, » affirme la docteure Allison McGeer, membre de l’équipe de direction du GTIC et professeure à l’Université de Toronto. « Même si les étudiants, les corps professoraux et le personnel des universités ne faisaient pas partie des populations les plus touchées par la première vague, la deuxième vague a entraîné une hausse marquée du nombre de cas dans ces groupes plus jeunes dans plusieurs régions du pays. Il nous faut davantage de données et ces études nous les fourniront. »

« Les résultats de ces recherches éclaireront directement les politiques et procédures de gestion de la pandémie mises en œuvre par les universités et les régions de santé publique où elles sont situées dans tout le pays, » déclare l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam. « Pour faire des campus des lieux sûrs où vivre et apprendre, il est important d’évaluer les taux de COVID-19 et les facteurs de risque d’infection dans ces communautés étroitement unies afin de protéger les étudiants, le corps enseignant et le personnel des universités. »

AU SUJET DU GROUPE DE TRAVAIL SUR L’IMMUNITÉ FACE À LA COVID-19

À la fin avril 2020, le gouvernement du Canada a créé le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC) et lui a confié un mandat de deux ans. Le GTIC est supervisé par un groupe de direction composé de bénévoles comprenant d’éminents scientifiques canadiens et des experts d’universités et d’établissements de soins de santé de tout le Canada qui s’efforcent de comprendre la nature de l’immunité découlant du nouveau coronavirus qui cause la COVID-19. À cette fin, le Groupe de travail soutient de nombreuses études visant à déterminer l’ampleur de la propagation de l’infection au SRAS-CoV-2 au Canada (dans la population générale, dans certaines communautés et dans des populations prioritaires), comprendre en quoi consiste l’immunité qui suit l’infection, améliorer les méthodes de dépistage des anticorps et contribuer à surveiller l’efficacité et l’innocuité des vaccins qui sont distribués au Canada. Par conséquent, le Groupe de travail et son secrétariat collaborent étroitement avec un ensemble de partenaires, dont des gouvernements, des organismes de santé publique, des institutions, des organisations de santé, des équipes de recherche, d’autres groupes de travail, des communautés et des intervenants. Récemment, le Groupe de travail s’est vu confier un rôle de premier plan pour assurer la surveillance des vaccins en ce qui a trait à leur sécurité et à leur efficacité. Notre objectif premier consiste à produire des données et à susciter des idées pouvant orienter des interventions visant à ralentir et finalement à mettre un terme à la propagation du SRAS-CoV-2 au Canada. Pour en savoir plus, consultez le site www.covid19immunitytaskforce.ca/fr/.

RENSEIGNEMENTS AUX MÉDIAS

Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 et les entrevues en français
media@covid19immunitytaskforce.ca

Rebecca Burns, Cellulaire : +1-438-871-8763
Caroline Phaneuf, Cellulaire : +1.514.444.4532

Pour une entrevue avec le professeur Brian Dixon

Rebecca Elming, Université de Waterloo

+1.647.459.8313 | relming@uwaterloo.ca

Pour une entrevue avec la Dre Anne Ellis

Julie Brown, Université Queen’s

+1.343.363.2763 | Julie.brown@queensu.ca