Dans une prépublication qui n’a pas été révisée par un comité de lecture, le Pr Andrei Drabovich, un chercheur financé par le GTIC, et ses collègues de l’Université de l’Alberta ont conçu et évalué la performance de diagnostics sérologiques utilisés pour mesurer la présence d’anticorps anti-SRAS-CoV-2. Les dosages étudiés, du nom de surveillance de la réaction parallèle à l’immunoprécipitation (IP-PRM) et de surveillance de la réaction sélectionnée à l’immunoprécipitation (IP-SRM), font appel à une combinaison de deux techniques de laboratoire courantes, le test ELISA et la spectrométrie de masse. Ils possèdent une spécificité et une sensibilité élevées à l’égard de la détection de combinaisons antigène-anticorps.

Les limites des diagnostics sérologiques actuels

Les dosages immunosérologiques qui exploitent le lien antigène-anticorps (p. ex., les tests ELISAUn dosage d’immunoabsorption enzymatique (ou test ELISA) est une technique de laboratoire utilisée pour déceler la présence d’antigènes dans un échantillon biologique. Le test ELISA, comme bien d’autres types de dosages immunologiques, se fie aux anticorps pour déceler un antigène cible (p. ex., des protéines virales) faisant appel à des interactions antigènes-anticorps hautement spécifiques.) se prêtent bien à l’identification des protéines du SRAS-CoV-2 et des anticorps anti-SRAS-CoV-2, mais sont incapables de fournir un aperçu complet de la réponse des anticorps. Les limites de ces tests, qui peuvent nuire à leur précision, incluent, entre autres, les mesures semi-quantitatives plutôt que quantitatives exactes, l’absence de standardisation pour comparer les diverses plateformes de dosage, la réactivité potentielle avec des cibles non pertinentes et le processus parfois laborieux pour distinguer les diverses sous-classes d’anticorps (p. ex., IgG1, IgG2, IgG3, IgG4, IgA1 et IgA2).

Une technique analytique du nom de spectrométrie de masse, qui permet de dépister les protéines par l’analyse de leurs fragments après avoir été traités, peut également détecter et quantifier les protéines du SRAS-CoV-2 et les anticorps anti-SRAS-CoV-2. Elle comporte aussi ses limites, y compris une sensibilitéLa sensibilité diagnostique mesure de la capacité d’un test à diagnostiquer correctement un résultat positif. relativement faible aux tests et des résultats faussement négatifs.

La conception d’un nouveau dosage sérologique combiné

Dans l’espoir de créer un test diagnostique plus précis et hautement informatif, le Pr Andrei Drabovich et ses collègues de l’Université de l’Alberta ont combiné les deux techniques : un dosage immunosérologique doté d’une forte sensibilité analytique et un dosage à base de spectrométrie de masse à la sélectivité quasi absolue, ou en mesure de distinguer des molécules protéiques très similaires. Ces dosages combinés sont utilisés : la surveillance de la réaction parallèle à l’immunoprécipitation (IP-PRM) et la surveillance de la réaction sélectionnée à l’immunoprécipitation (IP-SRM).

Dans cette prépublication, le Pr Drabovich et ses collègues décrivent la manière dont le dosage IP-PRM a mesuré une version synthétique de la protéine nucléocapsidique du SRAS-CoV-2 (la protéine de liaison de l’ARN essentielle à la réplication virale) dans le sang humain, selon une limite de détectionLa limite de détection est définie comme la quantité ou la concentration la plus faible d’une molécule décelée en toute fiabilité. de 313 pg/mL. De même, le dosage IP-SRM a facilité la quantification simultanée de nombreuses combinaisons de la sous-classe antigène-anticorps. En effet, ce dosage a révélé que l’antigène du domaine de liaison du récepteur (RBD) du SARS-CoV-2 se liait à la sous-classe d’anticorps IgG1 à la spécificité et la sensibilité les plus élevées.

La combinaison des dosages immunologiques et de la spectrométrie de masse confère de nombreux avantages par rapport à leur utilisation seule. Le développement de ces techniques contribuera à améliorer les tests diagnostiques sérologiques du SRAS-CoV-2 déjà existants, ses nouvelles souches mutantes et d’autres virus et bactéries, tout en permettant de procéder à une évaluation approfondie des diverses combinaisons de sous-classes d’antigènes-anticorps, essentielles pour comprendre l’étendue de la réponse immunitaire.

Fu Z, Rais, Y, Drabovich AP. Immunoprecipitation-targeted proteomics assays facilitate rational development of SARS-CoV-2 serological diagnostics. medRxiv. Le 25 octobre 2021. doi: 10.1101/2021.10.25.21265408v1