Dans la prépublication de leur étude financée par le GTIC, qui n’a pas encore été révisée par un comité de lecture, le Dr Prabhat Jha et son équipe, qui dirigent l’étude Action pour battre le coronavirus au Canada (Ab-C), ont évalué que la séroprévalence cumulative de l’infection par le SRAS-CoV-2 chez les personnes non vaccinées était passée d’environ 2 % après la première vague à 7 % après la deuxième. Ces chiffres ont été obtenus à partir d’échantillons de sang prélevés chez près de 9 000 Canadiens entre mai et septembre 2020 et plus de 7 000 Canadiens entre janvier et mars 2021.

Faits saillants

  • Le taux canadien d’infections d’environ 2 % pendant la première vague a atteint 6 % à 7 % pendant la deuxième vague. L’augmentation a été moins marquée dans les provinces de l’Atlantique (augmentation de 2,8 %, pour atteindre une séroprévalence de 3,3 %), grâce à leur capacité de maintenir des restrictions rigoureuses dès le début de la pandémie et d’ainsi créer ce qu’ils ont appelé la « bulle atlantique ».
  • La séroprévalence a fortement augmenté chez les minorités visibles, passant de 2 % à plus de 8 % entre la première et la deuxième vague.
  • Le taux de décès causés par l’infection a diminué entre la première (3,7 cas sur 1 000 infections) et la deuxième vagues (2,6 cas sur 1 000 infections).
  • Un fort pourcentage de personnes qui avaient déclaré des symptômes de COVID-19 dans le sondage possédaient des anticorps anti-SRAS-CoV-2.
  • La plupart des anticorps découlant des infections persistaient pendant au moins sept mois.
  • Les chercheurs ont obtenu des échantillons de sang au moyen de trousses d’autoprélèvement de gouttes de sang séché, expédiées au domicile des participants.

Les participants ont été recrutés par l’entremise du Forum Angus Reid, un groupe national de Canadiens de 18 ans et plus qui ont été invités à participer à un sondage en ligne sur les symptômes de la COVID-19. Les participants qui ont consenti à fournir des échantillons de sang ont ensuite reçu la trousse d’autoprélèvement de gouttes de sang séché par la poste. Les auteurs démontrent l’effet des déterminants sociaux de la santé sur la COVID-19. Le fait d’affirmer être membre d’une minorité visible, femme, diplômé universitaire ou Autochtone était associé à une hausse de la prévalence et de l’incidence. D’autres recherches devront tout de même être réalisées pour mieux comprendre ces écarts. De plus, les auteurs préconisent un programme national de tests pour mieux comprendre les tendances au fil du temps et entre les divers dosages.

Le Dr Jha et ses collègues avancent que, même si la séroprévalence a augmenté chez les Canadiens, elle est demeurée relativement faible même après la deuxième vague, laissant supposer que pratiquement tous les Canadiens adultes ont besoin d’être vaccinés pour être immunisés et ainsi réduire la transmission communautaire.

 

Tang X, Sharma A, Pasic M, Brown P, Colwill K, Gelband H, Birnboim HC, Nagelkerke N, Bogoch II, Bansal A, Newcombe L, Slater J, Rodriguez PS, Huang G, Fu SH, Meh C, Wu CN, Kaul R, Langlois MA, Morawski E, Hollander A, Eliopoulos D, Aloi B, Lam T, Abe KT, Rathod B, Fazel-Zarandi M, Wang J, Iskilova M, Pasculescu A, Caldwell L, Barrios-Rodiles M, Mohammed-Ali Z, Vas N, Santhanam DR, Cho ER, Qu K, Jha S, Jha V, Suraweera W, Malhotra V, Mastali K, Wen R, Sinha S, Reid A, Gingras AC, Chakraborty P, Slutsky AS, Jha P. SARS-CoV-2 Seroprevalence During the First and Second Pandemic Waves in Canada. Soc Sci Res Net. Le 12 août 2021. doi : http://dx.doi.org/10.2139/ssrn.3903944