Ceci est un résumé, rédigé par les membres du Secrétariat du GTIC, de :

Dayam RM, Law JC, Goetgebuer RL, Chao GYC, Abe KT, Sutton M, Finkelstein N, Stempak JM, Pereira D, Croitoru D, Acheampong L, Rizwan S, Rymaszewski K, Milgrom R, Ganatra D, Batista NV, Girard M, Lau I, Law R, Cheung MW, Rathod B, Kitaygorodsky J, Samson R, Hu Q, Haroon N, Inman RD, Piguet V, Chandran V, Silverberg MS, Gingras AC, Watts TH. Antibody and T cell responses to SARS-CoV-2 mRNA vaccines during maintenance therapy for immune-mediated inflammatory diseases. medRxiv 2022.01.26.22269856; doi : https://doi.org/10.1101/2022.01.26.22269856.

Les résultats et/ou conclusions contenus dans cette recherche ne reflètent pas nécessairement les opinions de tous les membres du GTIC.

Une étude de la Pre Anne-Claude Gingras, de la Pre Tania Watts et du Dr Vinod Chandran, des chercheurs de l’Université de Toronto financés par le GTIC, qui a récemment été prépubliée et qui n’est donc pas révisée par un comité de lecture, a porté sur les réponses des anticorps et des lymphocytes T aux vaccins à ARNm contre la COVID-19 chez les patients atteints de diverses maladies inflammatoires à médiation immunitaire (MIMI) sous traitement d’entretien par immunomodulateurs. La plupart de ces patients acquéraient une meilleure réponse des anticorps et des lymphocytes T après les première et deuxième doses de vaccin à ARNm, mais ces réponses avaient diminué considérablement trois mois après la deuxième dose. L’étude démontre la nécessité d’administrer une troisième dose de vaccin à ARNm et de maintenir la surveillance de l’immunité au fil du temps dans cette population de patients.

Faits saillants

  • Après la deuxième dose de vaccin, 97 % des participants possédaient des taux d’anticorps antispiculaires supérieurs à la médiane des participants en convalescence de la COVID-19, et 88,6 % obtenaient un résultat positif aux anticorps contre le domaine de liaison du récepteur (RBD). Cette réponse diminuait au fil du temps, et au bout de trois mois, seulement 66,3 % des participants obtenaient un résultat positif aux anticorps antispiculaires, tandis que 49,4 % obtenaient un résultat positif aux anticorps anti-RBD.
  • Deux doses du vaccin de Moderna, ou une combinaison du vaccin de Moderna et de celui de Pfizer, produisaient une réponse des anticorps plus vigoureuse que deux doses du vaccin de Pfizer.
  • Les participants sous traitement biologique contre le facteur de nécrose tumorale (anti-TNF) possédaient des taux d’anticorps antispiculaires et anti-RBD plus faibles que ceux du groupe témoin en bonne santé.
  • Les patients atteints d’une MIMI sous traitement anti-TNF présentaient une activité de neutralisation beaucoup plus faible contre le virus du SRAS-CoV-2 original et encore plus faible contre les variants préoccupants (alpha, bêta et delta). Selon les données, un sous-groupe de participants ne parvenait pas à neutraliser le virus malgré des taux élevés d’immunoglobulines G antispiculaires et anti-RBD, ce qui laisse supposer qu’ils produisaient des anticorps de faible affinité.
  • L’analyse combinée de tous les participants à l’étude a démontré une augmentation des réponses des lymphocytes T entre la première et la deuxième dose, mais ces réponses avaient quelque peu diminué trois mois après la deuxième dose.
  • Les réponses des lymphocytes T n’étaient pas différentes en fonction de l’âge ou du sexe. Toutefois, tous les participants de plus de 60 ans acquéraient des réponses des lymphocytes T moins élevées que celles des sujets plus jeunes après deux doses de vaccin. L’ampleur de la réponse des lymphocytes T présentait une corrélation positiveUne corrélation positive désigne une augmentation de la réponse des lymphocytes T directement proportionnelle à l’augmentation des anticorps plasmatiques, et vice-versa. avec les anticorps plasmatiques contre le RBD et la molécule entière du spicule.

Dans cette étude, les chercheurs ont analysé les réponses des anticorps et des lymphocytes T chez 150 participants à quatre moments : avant la vaccination, de deux à quatre semaines après la première dose, de deux à quatre semaines après la deuxième dose et trois mois après la deuxième dose. L’intervalle moyen entre la première et la deuxième dose était de 60,5 jours. Les participants à l’étude étaient atteints de diverses affections, y compris une maladie inflammatoire de l’intestin, une polyarthrite rhumatoïde, une spondylite ankylosante ou une maladie psoriasique, et recevaient un traitement d’entretien par immunomodulateurs, soit sous forme de produits biologiques (anti-TNF, anti-IL-12/23, anti-IL-23, anti-IL-17) ou d’antimétabolites (méthotrexate et azathioprine [MTX/AZA]). Étant donné l’action de ces médicaments sur le système immunitaire des sujets, on se demandait s’ils acquerraient une réponse aux vaccins contre la COVID-19 semblable à celle des personnes en bonne santé. Les résultats du groupe immunodéprimé ont été comparés à ceux des neuf patients atteints d’une MIMI qui ne prenaient pas de traitement d’entretien par immunodépresseurs et à ceux de 25 personnes en bonne santé.

Dans l’ensemble, les chercheurs ont observé des réponses vigoureuses des lymphocytes T chez la plupart des patients sous immunosuppresseurs ou produits biologiques après une ou deux doses de vaccin à ARNm, mais le taux d’anticorps et l’efficacité de la neutralisation du groupe sous traitement anti-TNF étaient plus bas que chez les sujets témoins et avaient considérablement diminué trois mois après la deuxième dose. Ces résultats font ressortir l’importance d’une troisième dose de vaccin en cas de MIMI, particulièrement chez les patients sous traitement par inhibiteurs du TNF.