Dans un récent article de The Lancet Regional Health – Americas, le Dr Prabhat Jha, un chercheur financé par le GTIC, et son équipe de l’étude Action pour battre le coronavirus (étude Ab-C) ont estimé que 9 % des Canadiens refuseraient un vaccin contre la COVID-19. Les auteurs ont décrit les populations clés auprès de qui travailler pour accroître l’acceptation vaccinale.

 

Entre janvier et mars 2021, l’équipe de l’étude Ab-C a recruté un échantillon national représentatif de 14 621 Canadiens afin qu’ils remplissent un sondage en ligne réalisé par Angus Reid, une communauté d’opinion publique établie en ligne. Les répondants ont été considérés comme comparables à la population canadienne sur le plan démographique en fonction de l’âge, du genre et de la taille du ménage, à l’exception de la proportion de groupes autochtones (8,9 % dans l’étude Ab-C et 5 % au Canada) et du niveau de scolarisation (43 % avaient au moins un baccalauréat dans l’étude Ab-C, par rapport à 23 % au Canada). Le niveau de scolarisation a été redressé dans les analyses afin d’obtenir la même répartition que dans le plus récent recensement canadien.

 

L’étude a saisi le pourcentage du groupe d’étude qui a déclaré qu’il refuserait un vaccin contre la COVID-19. Les résultats n’incluent pas le pourcentage de Canadiens susceptibles d’être indécis : les répondants réticents à se faire vacciner ont été définis comme ceux qui ont répondu « non » à la question « lorsqu’un vaccin contre le coronavirus vous sera offert, vous ferez-vous vacciner ou non? ». Il est important de souligner que le sondage a eu lieu avant le déploiement généralisé des vaccins.

 

Faits saillants

  • Une proportion de 9 % des Canadiens de cet échantillon refuserait de se faire vacciner contre la COVID-19, ce qui correspond à trois millions de personnes. Ainsi, des millions de Canadiens demeureraient vulnérables aux éclosions continues de COVID-19.
  • Les facteurs liés à un plus grand refus vaccinal chez les participants à l’étude incluaient le fait d’habiter en Alberta, d’être âgé de 40 à 59 ans, de se déclarer comme appartenant à une minorité visible, de ne pas avoir terminé ses études universitaires ou d’avoir un niveau de scolarisation moins élevé ou de vivre dans un ménage d’au moins cinq personnes.

 

La réticence envers la vaccination est reconnue comme l’une des plus grandes menaces au contrôle de la propagation du SRAS-CoV-2 au Canada et dans le monde. Elle désigne un spectre entre un délai avant d’accepter de se faire vacciner et le refus catégorique des vaccins. D’après des recherches antérieures, la réticence envers la vaccination est complexe et influencée par une multitude de facteurs. Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, elle nuit à la capacité d’obtenir une couverture vaccinale élevée et retarde ainsi la fin de la crise en cours. Les auteurs proposent que, conjointement avec le déploiement des vaccins, les décideurs s’adressent aux groupes considérés à haut risque d’être réticents à se faire vacciner, afin de les éduquer, de les soutenir et de leur fournir des ressources.

 

Tang X, Gelband H, Nagelkerke N, Bogoch II, Brown P, Morawski E, Tam T. COVID-19 vaccination intention during early vaccine rollout in Canada: a nationwide online survey. The Lancet Regional Health – Americas 2021:100055. doi : 10.1016/j.lana.2021.100055