La Pre Kate Zinszer, de l’Université de Montréal, et son équipe de l’étude EnCORE ont publié des résultats provisoires non révisés par un comité de lecture, qui laissent supposer une augmentation marquée de la séroprévalence chez les enfants montréalais de deux à 17 ans depuis quelques mois. Ces chercheurs ont découvert que 3,3 % des participants possédaient des anticorps contre le SRAS-CoV-2 en octobre et novembre 2020, mais que cette proportion était passée à 8,9 % entre février et avril 2021, la séroprévalence étant plus élevée dans les régions défavorisées sur le plan socioéconomique. La plupart des parents sondés ont déclaré qu’ils étaient susceptibles de faire vacciner leurs enfants contre la COVID-19 dès que les vaccins seront disponibles.

 

Faits saillants

  • Le pourcentage d’enfants porteurs d’anticorps qui reconnaissent le SRAS-CoV-2 est passé de 3,3 % en octobre et novembre 2020 à 8,9 % entre février et avril 2021.
  • Les chercheurs ont remarqué des différences géographiques quant au taux de cas positifs, la séroprévalence la plus élevée étant observée dans les quartiers défavorisés sur le plan socioéconomique (Montréal-Nord et Mercier-Hochelaga-Maisonneuve).
  • La plupart des parents (86 %) ont affirmé qu’ils sont susceptibles de faire vacciner leurs enfants contre la COVID-19 dès qu’ils en auront la possibilité, mais 33 % des parents de communautés racialisées ont indiqué qu’ils y seraient réticents.

 

La cohorte de l’étude EnCORE est composée de 1 901 enfants (49 % de filles et 51 % de garçons, selon le sexe déterminé à la naissance) de deux à 17 ans, soit 423 en milieu de garde, 853 au primaire et 625 au secondaire. Les chercheurs ont obtenu des prélèvements de sang de 1 632 enfants montréalais de deux à 17 ans au moyen d’une piqûre au doigt (gouttes de sang séché), qu’ils ont analysés pour déceler la présence d’anticorps contre le SRAS-CoV-2, laissant croire qu’ils avaient déjà été infectés. En moyenne, 5,8 % des enfants possédaient des anticorps (soit 6,9 % des filles et 4,9 % des garçons). Les auteurs de l’étude ont remarqué que la séroprévalence avait augmenté au fil du temps, passant de 3,3 % en octobre et novembre 2020 à 8,9 % entre février et avril 2021. Toutefois, les enfants plus âgés possédaient une séroprévalence plus élevée : 5,0 % des enfants en milieu de garde et 5,6 % de ceux du primaire, par rapport à 6,7 % de ceux du secondaire.

Les participants ont été recrutés dans des écoles et des milieux de garde de quatre régions de Montréal présentant des différences évidentes sur le plan socioéconomique et démographique : le Plateau Mont-Royal, Montréal-Nord, l’Ouest-de-l’Île et Mercier-Hochelaga-Maisonneuve). Les résultats provisoires ont révélé des différences géographiques, puisque la séroprévalence la plus faible était recensée dans l’Ouest-de-l’Île (4,8 %), le milieu le plus favorisé à l’étude, et la séroprévalence la plus élevée était observée à Montréal-Nord (7,3 %), le milieu le plus défavorisé sur le plan socioéconomique.

Les parents ont rempli un questionnaire en ligne sur la santé physique, affective et mentale de leurs enfants, incluant de l’information sur leur famille. La majorité des parents sondés (340 sur 395, soit 86 %) ont affirmé qu’ils seraient susceptibles de faire vacciner leurs enfants contre la COVID-19 dès qu’un vaccin sera disponible pour cette population. Environ le tiers (35 %) des parents de communautés racialisées ont toutefois déclaré qu’ils y seraient réticents.

 

Les résultats provisoires complets, qui n’ont pas encore été révisés par un comité de lecture, peuvent être consultés ici.

Le communiqué de presse au sujet des résultats figure ici.