Le Dr Pascal Lavoie, la Pre Louise C. Mâsse et leur équipe de l’Université de la Colombie-Britannique ont diffusé des résultats provisoires, qui seront bientôt soumis à un comité de lecture, indiquant que le personnel scolaire n’est pas plus vulnérable à l’infection par le SRAS-CoV-2 à l’école que dans la communauté. Les auteurs attribuent cette constatation en partie aux mesures sanitaires en vigueur. Les participants à leur récente enquête sérologique sur le SRAS-CoV-2 faisaient partie du personnel scolaire du conseil scolaire de Vancouver. D’après l’étude, le pourcentage d’infections par le SRAS-CoV-2 dans le système scolaire était semblable à celui observé dans la communauté locale.

Qu’est-ce qu’une enquête sérologique?

Les enquêtes sérologiques évaluent la présence d’anticorps dans le sang. Dans ce cas-ci, l’enquête évalue les anticorps qui reconnaissent le SRAS-CoV-2, le virus responsable de la COVID-19, pour déterminer si les participants ont déjà été infectés. Puisqu’une forte proportion de gens a éprouvé peu de symptômes, sinon aucuns, les personnes infectées ne sauront peut-être jamais qu’elles ont été infectées. C’est pourquoi les enquêtes sérologiques en population sont considérées comme un outil précieux pour estimer la séroprévalence, c’est-à-dire la proportion de la population déjà infectée par le SRAS-CoV-2.

 

Faits saillants

  • La séroprévalence du personnel scolaire, qui s’élevait à 2,3 %, correspondait à celle observée dans le sang des sujets témoins de la communauté.
  • Entre le début de la pandémie et le 4 mars 2021, 0,98 % des étudiants et 1,3 % du personnel ont obtenu des résultats positifs à l’infection active par le SRAS-CoV-2.

 

Les objectifs de l’étude

L’étude des Drs Lavoie et Mâsse visait à a) déterminer le pourcentage de membres du personnel adulte du district du conseil scolaire de Vancouver qui possède des anticorps contre le SRAS-CoV-2 et b) évaluer le risque professionnel d’infection par le SRAS-CoV-2 pendant les cours en classe entre septembre 2020 et le 7 mai 2021. L’étude a porté sur 1 689 participants, dont bon nombre travaillaient en classe (78,2 %). La plupart d’entre eux travaillaient dans des écoles primaires (64 %) et des écoles secondaires (28 %), et quelques-uns travaillaient auprès de plusieurs niveaux scolaires ou au bureau du conseil scolaire (8,3 %).

Les observations provisoires

Le test sérologique utilisé dans cette enquête a permis de distinguer les anticorps produits par la COVID-19 et ceux produits après la vaccination contre cette maladie. Des 1 556 participants soumis au test (92,1 % de la cohorte totale), 35 démontraient avoir déjà été infectés par le SRAS-CoV-2. Le taux de séroprévalence de 2,3 % qui en a découlé est le même que celui observé dans le groupe de référence (des personnes de la communauté qui ne travaillaient pas en milieu scolaire et qui présentaient un profil similaire sur le plan de l’âge, du sexe et du secteur de résidence). De plus, même si jusqu’à 278 membres du personnel scolaire ont signalé un contact étroit avec un cas de COVID-19, seulement 24 (incidence de 1,4 %) ont obtenu un résultat positif au virus au moyen du test PCR (généralement sous forme d’un écouvillon nasal utilisé pour dépister une infection active), dont seulement cinq (21 %) pensaient l’avoir contracté à l’école. Sept des 24 personnes infectées par le SRAS-CoV-2 (29 %) ont déclaré avoir eu un tel contact avec un ami ou un membre de la famille atteint de la COVID-19, et une (4 %) a indiqué avoir eu un tel contact à la fois avec un collègue et un membre de la famille atteints de la COVID-19. Les 11 autres personnes (46 %) n’avaient eu vent d’aucun contact étroit avec un cas de COVID-19 ou avec la source d’infection.

L’équipe de chercheurs a conclu que, malgré une forte perception d’exposition potentielle en milieu scolaire, le pourcentage d’employés infectés dans les écoles publiques de Vancouver est semblable à celui de la communauté locale. Elle maintient que, si des mesures de précaution appropriées sont en place, y compris des protocoles de dépistage et de traçage des contacts, l’enseignement en classe n’est pas associé à un risque significativement plus élevé d’infection par le SRAS-CoV-2, même pour le personnel en classe.

Lisez notre communiqué de presse.

 

Goldfarb DM, Mâsse LC, Watts AW, Hutchison SM, Muttucomaroe L, Bosman ES, Barakauskas VE, Choi A, Irvine MA, Reicherz F, Coombs D, O’Reilly C, Sediqi S, Razzaghian HR, Sadarangani M, O’Brien SF, Lavoie PM. SARS-CoV-2 seroprevalence among Vancouver public school staff in British Columbia, Canada. medRxiv. Le 18 juin 2021. doi:10.1101/2021.06.16.21258861.