Les patients atteints d’une néphropathie chronique, y compris ceux qui sont en dialyse, ont été priorisés pour la vaccination en raison du risque accru de graves effets de la COVID-19, comme les hospitalisations et les décès. Dans une étude financée par le GTIC, maintenant publiée dans JAMA Network Open, plusieurs chercheurs du GTIF et affiliés au GRSV, y compris les Drs Michelle Hladunewich et Matthew Oliver, signalent que de nombreux patients en dialyse présentaient de faibles réponses des anticorps après la première dose du vaccin de Pfizer-BioNTech. Toutefois, une seconde dose conférait une réponse plus vigoureuse, ce qui laisse supposer qu’il ne faut pas la retarder chez ces personnes à risque. L’étude a également confirmé que le vaccin de Pfizer était sécuritaire dans tous les groupes de participants.

Une nouvelle étude dirigée par les Drs Michelle Hladunewich et Matthew Oliver du Sunnybrook Health Sciences Centre, des chercheurs financés par le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC) et le Groupe de recherche sur la surveillance des vaccins (GRSV),  en collaboration avec des chercheurs affiliés au GTIC, soit la Pre Anne-Claude Gingras, la Pre Karen Colwill et la Dre Allison McGeer du Sinai Health System, la Dre Sharon Straus de Unity Health Toronto et les Pres Shelly Bolotin et Vanessa Tran de Santé publique Ontario et du GRSV, ont examiné les réponses des anticorps des patients atteints de néphropathie en dialyse. Les patients ont été recrutés au Sunnybrook Health Sciences Centre de Toronto entre le 2 février et le 3 mars 2021 (n=142). Au total, 35 travailleurs de la santé ont également été recrutés comme sujets témoins.

Faits saillants

  • De nombreux patients en dialyse présentaient une faible réponse des anticorps après la première dose du vaccin de Pfizer par rapport aux travailleurs de la santé qui faisaient office de sujets témoins et au plasma de personnes qui s’étaient rétablies de la COVID-19. Cependant, une seconde dose conférait une réponse plus vigoureuse.
  • Les auteurs ont souligné l’importance d’administrer la seconde dose du vaccin aux patients en dialyse conformément au calendrier à deux doses recommandé par le fabricant afin de leur procurer une protection optimale.
  • Certains patients en dialyse n’acquièrent pas de réponse marquée aux deux doses, ce qui démontre toute l’importance d’assurer une surveillance attentive et continue, particulièrement à la lumière de la possibilité d’administrer une troisième dose (ou dose de rappel).

Les chercheurs ont comparé les taux d’anticorps anti-SRAS-CoV-2 de patients en dialyse répartis en deux groupes. Dans le premier groupe, les prélèvements ont été effectués 28 jours après la première dose du vaccin de Pfizer. Dans le deuxième, ils l’ont été avant la seconde dose du vaccin de Pfizer, puis 14 jours après. Selon les résultats, plus de patients ont acquis des anticorps anti-SRAS-CoV-2 à la protéine spiculaire (69 personnes sur 72; 96 %) et au domaine de liaison du récepteur (RBD; 63 personnes sur 72; 88 %) après deux doses par rapport à ceux qui n’avaient reçu qu’une dose (53 personnes sur 66 [80 %] pour la protéine spiculaire, et 36 personnes sur 66 [55 %] pour le RBD). Une analyse supplémentaire a révélé qu’après deux doses, plus de participants possédaient des taux d’anticorps anti-SRAS-CoV-2 semblables à ceux des patients rétablis de l’infection par le SRAS-CoV-2 (72 % pour la protéine spiculaire et 60 % pour le RBD) que ceux qui n’avaient reçu qu’une dose (23 % pour la protéine spiculaire et 6 % pour le RBD). Tous les travailleurs de la santé du groupe témoin avaient produit des taux élevés d’anticorps contre les protéines spiculaires et le RBD du SRAS-CoV-2 après l’administration de deux doses, ce qui était supérieur aux taux observés dans le plasma de personnes rétablies de la COVID-19. Les chercheurs ont également évalué l’innocuité du vaccin et établi qu’il était sécuritaire et bien toléré chez tous les participants, tant après la première que la seconde dose.

Cette étude fait ressortir la réponse réduite des anticorps chez les patients en dialyse 28 jours après une seule dose du vaccin de Pfizer. D’autres groupes ont fait le même constat auprès d’autres populations immunodéprimées, y compris des patients atteints de leucémie et des personnes ayant reçu une transplantation d’organe plein. Somme toute, les auteurs ont démonté que de nombreux patients en dialyse demeurent vulnérables à l’infection par le SRAS-CoV-2 après la première dose d’un vaccin et préconisent d’adhérer au calendrier de vaccination recommandé par le fabricant pour obtenir une protection plus rapide. Ils soulignent également que, contrairement aux personnes en bonne santé, certains patients en dialyse n’acquièrent pas de réponse marquée après les deux doses du vaccin, ce qui démontre l’importance de maintenir une surveillance attentive et continue auprès de cette population de patients, particulièrement à la lumière de la possibilité d’administrer une troisième dose (ou dose de rappel).

Cette étude a d’abord été prépubliée en ligne dans medRxiv. Elle paraît maintenant dans JAMA Network Open Nephrology.

Pour en savoir plus sur les vaccins contre la COVID-19 et l’efficacité des vaccins, lisez notre foire aux questions ici.

 

Yau K, Abe KT, Naimark D, Oliver MJ, Perl J, Leis JA, Bolotin S, Tran V, Mullin S, Shadowitz E, Garnham-Takaoka J, de Launay KQ, Takaoka A, Straus SE, McGeer AJ, Chan CT, Colwill K, Gingras A-C, Hladunewich MA. Evaluation of the SARS-CoV-2 Antibody Response to the BNT162b2 Vaccine in Patients Undergoing Hemodialysis. JAMA Netw Open Le 1er septembre 2021. doi : 10.1001/jamanetworkopen.2021.23622.