Malgré les nombreux dosages sur le marché pour dépister les anticorps anti-SRAS-CoV-2, aucune norme de référence n’a encore été établie. Dans un article désormais publié dans PLOS One, la Pre Anne-Claude Gingras, de l’Université de Toronto, et le Pr Steven Drews, de la Société canadienne du sang, qui font tous deux partie du Groupe de travail sur les tests immunologiques du GTIC, ont évalué de nombreuses plateformes de dépistage et la concordance entre leurs résultats. Les valeurs en pourcentage de la version publiée sont légèrement différentes de celles de la prépublication.

Faits saillants

  • Comme les résultats diffèrent selon les types de dosage et les méthodes d’analyse, les auteurs proposent d’utiliser un modèle statistique qui combine les résultats de multiples dosages pour évaluer la séroprévalence.
  • Cet exercice a confirmé que la séroprévalence était très faible pendant la première vague de la pandémie au Canada (<1 %) et s’est accrue graduellement entre avril (0,7 %) et septembre 2020 (0,9 %).

Les auteurs ont utilisé des échantillons de sang résiduel prélevés entre avril et septembre 2020 dans le cadre de l’enquête sérologique de la Société canadienne du sang. Ils ont évalué les anticorps anti-SRAS-CoV-2 à l’aide de quatre dosages uniques (voir le tableau ci-dessous), et la séroprévalence, au moyen de deux méthodes statistiques différentes, l’une classant les résultats comme positifs ou négatifs et l’autre, combinant les données de multiples dosages. Le GTIC a fourni les dosages Abbott utilisés par la Société canadienne du sang.

Les résultats variaient considérablement selon les plateformes de dosage. Cette variabilité s’expliquait par des différences de sensibilité et de spécificitéLa sensibilité mesure la capacité d’un test à diagnostiquer correctement un résultat positif, et la spécificité, la capacité à détecter correctement un échantillon négatif. entre les dosages. Ainsi, les dosages maison avaient une meilleure sensibilité (de 78,8 % à 93,51 %) que celui d’Abbott (58,5 %) pour détecter les échantillons positifs. Il faut également tenir compte du fait que les anticorps anti-SRAS-CoV-2 s’atténuent au fil du temps, et que la capacité des dosages à les déceler diminue également.

Les auteurs recommandent d’utiliser un modèle statistique qui combine les résultats de multiples dosages pour évaluer la séroprévalence, afin d’accroître l’exactitude des résultats, surtout dans des scénarios de faible prévalence.

 

Nom du dosage Antigène viral (IgG) Fabricant Plateforme du dosage
Abbott Architect SARS-CoV-2 IgG Nucléocapside Abbott, Chicago (Illinois) Commerciale
Spike Glycoprotéine spiculaire pleine longueur Laboratoire de la Pre Anne-Claude Gingras, Lunenfeld-Tanenbaum Research Institute, Toronto Maison
RBD Glycoprotéine spiculaire du domaine de liaison du récepteur Laboratoire de la Pre Anne-Claude Gingras, Lunenfeld-Tanenbaum Research Institute, Toronto Maison
NP Nucléocapside Laboratoire de la Pre Anne-Claude Gingras, Lunenfeld-Tanenbaum Research Institute, Toronto Maison

 

POP-UP :

La sensibilité mesure la capacité d’un test à diagnostiquer correctement un résultat positif, et la spécificité, la capacité à détecter correctement un échantillon négatif.

 

Saeed S, O’Brien SF, Abe K, Yi O, Rathod B, Wang J, Fazel-Zarandi M, Tuite A, Fisman D, Wood H, Colwill K, Gingras A-C, Drews S. Severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 (SARS-CoV-2) seroprevalence: Navigating the absence of a gold standard. PLOS One. Le 23 septembre 2021. doi : https://doi.org/10.1371/journal.pone.0257743

Lisez le résumé de la prépublication.