MONTRÉAL, le 6 juillet 2022 En se basant sur une analyse des données de 21 études qui étaient financées par le gouvernement du Canada par l’intermédiaire de son Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC) et s’appuyaient sur des tests sanguins, il a été possible de dresser un portrait plus clair de l’ampleur de la vague d’Omicron au Canada. Avant l’arrivée du variant Omicron, environ 7 % des Canadiens avaient des anticorps contre le SRAS-CoV-2, le virus responsable de la COVID-19. Entre décembre 2021 et mai 2022, la proportion de Canadiens ayant des anticorps contre l’infection par le SRAS-CoV-2 a augmenté de 45 % (voir la figure 1 ci-dessous). Un compte rendu plus complet de l’analyse est disponible en ligne ici.

« Omicron a été un tsunami », déclare le Dr Tim Evans, directeur administratif du GTIC. « Dans tout le pays, notre analyse des données suggère que 17 millions de Canadiens ont eu une infection par Omicron entre décembre et mai, soit une moyenne de plus de 100 000 infections par jour. De nouvelles sous-lignées d’Omicron continuent de se propager depuis et le pourcentage de Canadiens ayant eu une infection par le SRAS-CoV-2 est maintenant probablement bien supérieur à 50 %. »

Toutes les provinces touchées

Le nombre de personnes présentant dans leur sang des signes d’une infection antérieure (séroprévalence acquise par l’infection) a fortement augmenté pendant la vague d’Omicron dans chaque province (figure 2). À la fin du mois de mai, la proportion de personnes présentant des signes d’infection antérieure était de 50 à 60 % dans les provinces de l’Ouest et du Centre. Bien que les provinces de l’Atlantique aient conservé la plus faible séropositivité due à l’infection, elles ont connu la plus forte augmentation relative de la séroprévalence et a atteint plus de 35 %.

Omicron a touché tous les âges, mais surtout les populations plus jeunes et moins vaccinées! 

L’analyse des dons de sang faits à la Société canadienne du sang (qui fournit au GTIC une mise à jour toutes les deux semaines) a montré que les niveaux les plus élevés de séropositivité due à l’infection se trouvaient chez les jeunes adultes, environ 65 % d’entre eux ayant des anticorps à la dernière semaine de mai. Les taux de séropositivité due à l’infection diminuent avec l’âge : 25-39 (57 %), 40-59 (51 %) et 60+ (31 %) (figure 3).

« Par le simple nombre d’infections, le variant Omicron a eu des effets dévastateurs sur les services et les vies perturbées, ainsi que les hospitalisations et les décès.  Il est clair qu’il n’a pas épargné les jeunes Canadiens en bonne santé », déclare la coprésidente du GTIC, la Dre Catherine Hankins. « De plus, nous continuons d’apprendre à savoir qui est touché par le syndrome post-COVID-19 ou par la COVID longue, pourquoi et quelles en sont les répercussions. Cet été, il n’y a peut-être pas de restrictions en matière de santé publique, mais Omicron se propage toujours et il est donc indiqué de porter un masque et de respecter la distanciation dans des situations à risque. Pour minimiser d’autres perturbations de nos vies, le Canada doit suivre de près l’évolution de la situation. Nous devons tous réagir rapidement, car ce virus n’a pas un profil saisonnier, comme les autres virus respiratoires auxquels nous nous attendons lorsque tout le monde retourne au travail ou à l’école à l’automne.

« Des millions de Canadiens ont maintenant une immunité hybride résultant d’une combinaison de vaccins contre la COVID-19 et d’une infection. Malheureusement, de nouvelles données probantes suggèrent que la plupart de ces personnes demeurent à risque de réinfection par des virus de la lignée du variant Omicron », explique le Dr David Naylor, coprésident du GTIC. « Les vaccins plus récents peuvent améliorer la couverture contre l’infection. Cependant, nous avons encore des millions d’adultes qui n’ont pas reçu de troisième dose et qui devraient en avoir une pour consolider leur protection contre la maladie grave. De manière plus générale, tous les Canadiens devraient porter attention aux dernières directives de santé publique concernant les vaccins contre a COVID-19 et s’assurer que leur couverture est à jour pour l’automne », ajoute-t-il.

Au sujet du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19

 Le gouvernement du Canada a créé le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC) à la fin d’avril 2020 pour catalyser, soutenir, financer et harmoniser la recherche sur l’immunité contre le SRAS-CoV-2 pour les décideurs fédéraux, provinciaux et territoriaux dans leurs efforts pour protéger les Canadiens et minimiser l’impact de la COVID-19. Le groupe de travail et son secrétariat travaillent en étroite collaboration avec toute une série de partenaires, notamment les gouvernements, les organismes de santé publique, les institutions, les organisations sanitaires, les équipes de recherche, les autres groupes de travail, et mobilise les collectivités et les parties prenantes. À ce jour, le GTIC a financé plus de 100 études dans l’ensemble du pays qui génèrent des connaissances sur les niveaux, les tendances, la nature et la durée de l’immunité découlant de l’infection par le SRAS-CoV-2 et de la vaccination contre la COVID-19. Le GTIC est supervisé par un comité exécutif composé de bénévoles, dont des scientifiques et des décideurs de premier plan à l’échelle nationale.

Renseignements aux médias

Rebecca Burns
media@covid19immunitytaskforce.ca
Cell. : +1.438.871.8763

 

Figure 1. Séroprévalence de l’anti-nucléocapside (séropositivité acquise par l’infection) dans toutes les provinces canadiennes pour tous les groupes d’âge, combinés

 

 

Figure 2. Estimations de la séroprévalence de l’anti-nucléocapside (séropositivité acquise par l’infection) par province

 

 

Figure 3. Estimations de la séroprévalence de l’anti-nucléocapside (séropositivité acquise par l’infection) en fonction de l’âge médian

Les opinions exprimées dans le présent document ne représentent pas nécessairement celles de l’Agence de la santé publique du Canada.