Contexte

Alors que la première vague de COVID-19 commence à atteindre un plateau au Canada, il est important non seulement de mobiliser toutes les ressources disponibles pour gérer l’afflux immédiat de patients, mais aussi d’anticiper ce qui se passera au-delà du plateau. La collecte de données sur l’étendue de l’infection à la COVID 19 dans la population canadienne et dans des sous-groupes particuliers présentant un risque d’exposition plus élevé (ex. : travailleurs de la santé) appuiera la prise de décisions sur l’assouplissement des mesures publiques.

Tests au pays

Des tests sanguins faciles à utiliser deviennent disponibles et faciliteront les enquêtes sérologiques à grande échelle. Le prélèvement d’échantillons de sang sur un grand nombre de personnes, notamment des personnes asymptomatiques ou légèrement symptomatiques qui n’ont pas nécessité de soins médicaux, en vue de détecter la présence d’anticorps contre le SRAS-CoV-2 fournira les données nécessaires pour comprendre l’ampleur de l’épidémie au Canada. Les enquêtes épidémiologiques nationales rapides et représentatives donnent un aperçu de la situation actuelle et de ce à quoi il faut s’attendre en cas d’une éventuelle deuxième vague d’infections.

Tests ciblés

Des enquêtes sérologiques ciblées sur les tendances immunitaires chez les travailleurs en contact avec le public ou les enfants et les jeunes peuvent aider à déterminer le meilleur moment d’un retour au travail et à l’école sans danger. Elles peuvent également faire la lumière sur le statut immunitaire des populations vulnérables, par exemple les communautés autochtones et les résidents de maisons de retraite et d’établissements de soins de longue durée. Elles peuvent orienter les mesures de prévention, comme les vaccins et les traitements modulant l’évolution de la maladie ou prévenant son apparition, s’ils deviennent disponibles. Enfin, elles guident la surveillance ciblée visant à endiguer les nouvelles éclosions avant qu’elles ne deviennent des épidémies.

Travaux à l’international

D’autres pays adoptent les enquêtes sérologiques. Voici quelques exemples :

  • L’Allemagne a testé une communauté présentant un taux élevé de cas de COVID-19 et a découvert des anticorps contre le virus chez 14 % des résidents, indiquant une infection même si ces personnes étaient asymptomatiques.
  • Les États-Unis recrutent des volontaires chez qui la COVID-19 n’a pas été diagnostiquée afin de vérifier s’ils ont été infectés et de déterminer l’étendue de la propagation non détectée, dans le but de savoir quelles communautés et populations ont été les plus touchées. Les États-Unis ont également commencé à faire des enquêtes sérologiques visant des « points névralgiques » de l’épidémie et auprès des travailleurs de la santé. Trois enquêtes sérologiques représentatives de la population américaine testeront des donneurs de sang en septembre et décembre 2020, puis en novembre 2021 : 50 000 personnes seront testées.
  • L’Organisation mondiale de la Santé a lancé Solidarity II pour mettre en commun les résultats d’études à grande échelle sur les anticorps dans le monde entier selon une approche normalisée de collecte de données.